Le nombre d'euthanasies en Belgique a augmenté de plus de 50% en deux ans

Le nombre d'euthanasies en Belgique a augmenté de plus de 50% en deux ans
Le nombre d'euthanasies en Belgique a augmenté de plus de 50% en deux ans - © Belga

Le nombre d'euthanasies pratiquées en Belgique a augmenté de plus de 50 pc en deux ans. Il s'élevait à 2086 pour la période 2010-2011 et de 3239 pour la période 2012-2013, selon le sixième rapport de la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie.

"L'augmentation importante du nombre d'euthanasies par rapport à celui du rapport précédent s'explique vraisemblablement par la diffusion progressive de l'information relative aux décisions en fin de vie auprès du public et des médecins", relève la Commission.

Le nombre de demandes en français et en néerlandais évolue de la même manière mais la disproportion entre les deux demeure considérable: 2610 demandes en néerlandais et 629 en français, soit un rapport d'environ 80 pc/20 pc.

 

"Seule une étude transversale permettrait d'expliquer les différentes raisons de cette disproportion", souligne le rapport.

La grande majorité des affections qui ont donné lieu à une euthanasie étaient des cancers (73 pc des cas) suivies des maladies neuromusculaires évolutives (scléroses en plaque, maladies de Parkinson, etc.) dans 6 pc des cas. L'âge des patients se situait entre 40 et 79 ans dans 65 pc des cas et était de plus de 79 ans dans 33 pc des cas. Le nombre de patients dans la 2e catégorie augmente.

Plus de la moitié (54 pc) des euthanasies ont été pratiquées à domicile, "ce qui correspond au désir fréquemment exprimé de terminer sa vie chez soi".

Si l'on examine les remarques ajoutées par certains médecins, celles-ci mentionnent une mort calme en quelques minutes, une atmosphère sereine avec l'accompagnement par des proches pendant l'acte ainsi que des remerciements adressés au médecin, tant par le patient dans ses derniers instants que par les proches.

 

La Commission a accepté d'emblée 86 pc des dossiers. Dans 14 pc des dossiers, elle a demandé l'ouverture du volet 1 de la demande, qui implique la levée de l'anonymat de celle-ci. Dans 2 pc des cas, cette ouverture était destinée à faire remarquer au médecin des imperfections ou des erreurs d'interprétation des procédures qui ne mettaient pas en cause le respect des conditions légales. Dans 12 pc des cas, la Commission a souhaité obtenir des renseignements complémentaires, concernant la plupart du temps des informations administratives manquantes ou des détails de procédure. "Les réponses apportées ont chaque fois donné les informations utiles et les déclarations ont pu être acceptées", dit la Commission. "Aucune déclaration ne comportant d'éléments faisant douter du respect des conditions essentielles de la loi, aucun dossier n'a été transmis à la justice".

Dans ses recommandations, la Commission d'évaluation rappelle sa demande d'une brochure d'information destinée au public et de l'inclusion dans les études de médecine d'un formation aux problèmes de gestion de la fin de vie. Face au nombre croissant de demandes, elle réclame également plus de personnel et un formulaire de déclaration adapté à un traitement informatique des données.

Face au faible nombre de déclarations anticipées (69 euthanasies de patients inconscients ont été pratiquées sur cette base), plusieurs membres de la Commission répètent leur regret devant la complexité de la procédure.

Belga

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