Le nombre d'enfants touchés par la précarité en Flandre a quasiment doublé en 10 ans

 D’après Geert Bourgeois, la Flandre se trouve aujourd’hui dans une position plus favorable que l’an dernier. Mais tout n'est pas rose...
D’après Geert Bourgeois, la Flandre se trouve aujourd’hui dans une position plus favorable que l’an dernier. Mais tout n'est pas rose... - © DIRK WAEM - BELGA

Comme tous les quatrièmes lundis de septembre, le gouvernement flamand a présenté il y a deux jours ses priorités politiques, ainsi que sa situation budgétaire. Le ministre président flamand, Geert Bourgeois, s’est montré particulièrement optimiste. On pourrait presque croire que la Flandre ne s’est jamais aussi bien portée. En tout cas, d’après Geert Bourgeois, elle se trouve aujourd’hui dans une position plus favorable que l’an dernier.

La preuve, la croissance économique s’est accélérée, le nombre de chômeurs a baissé, les exportations ont dépassé un nouveau cap symbolique et, surtout, le budget est en équilibre. Du moins en équilibre structurel. Du coup, il reste de l'argent pour une troisième vague d’investissements d’un montant total de 610 millions d’euros. Le sujet était au cœur de la rubrique "Vu de Flandre" préparée ce mercredi par Joyce Azar, journaliste à la VRT et responsable éditoriale du site Daardaar.be.

Baisse des taxes

Tous les ministres obtiendront leur part du gâteau, l’argent sera notamment injecté dans les travaux publics, l’enseignement, les soins de santé et la mobilité. Et pour couronner le tout, le gouvernement flamand ne prévoit pas de nouvelles économies ni de nouvelles taxes. Au contraire, la taxe sur l’énergie va passer de 100 euros à 9 euros par an.

On ne peut pas nier qu’il fait bon vivre en Flandre, mais certains détails méritent d’être relevés. Ainsi, l’équilibre budgétaire est avant tout structurel: dans le calcul du gouvernement Bourgeois, il manque ainsi 1,2 milliard d’euros, qui n’ont tout simplement pas été comptabilisés. La plus grande partie de ce montant est une conséquence directe de la sixième réforme de l’État et de la loi de financement qui prévoit les transferts du gouvernement fédéral vers les Régions.

Rien pour lutter contre la pauvreté

Autre couac, les coûts liés à l’achèvement du périphérique d’Anvers n’ont, eux non plus, pas été pris en compte malgré l’insistance de l’Union européenne. C’est aussi le cas du prix des fusions de certaines communes flamandes. Et puis beaucoup s’interrogent sur le tour de passe-passe du ministre flamand de l’Énergie, Bart Tommelein. D’après des experts, les 9 euros que les foyers flamands devront verser ne suffiront pas à garantir l’approvisionnement en énergie.

Et surtout, d’après un baromètre paru la semaine dernière, le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté en Flandre a à peine baissé de 1 % en 10 ans. Pire, le nombre d’enfants touchés par la précarité a quasiment doublé.

Et malgré le discours de Geert Bourgeois selon lequel le gouvernement flamand perpétue ses efforts dans le domaine, aucune initiative structurelle n’a été annoncée lundi. La question, comme tant d’autres, devrait être relevée ce mercredi lors du débat au Parlement flamand.

Pas sûr toutefois que les partis se montrent virulents à ce sujet, quasi tous ont en effet leur part de responsabilité dans l’échec des politiques de lutte contre la pauvreté menées ces 10 dernières années.

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