Le "N-VA Tour" se termine, la chasse aux membres continue de plus belle

Bart De Wever, durant une conférence du parti N-VA le 30 mai dernier à Anvers.
Bart De Wever, durant une conférence du parti N-VA le 30 mai dernier à Anvers. - © DIRK WAEM - BELGA

Les élections communales n’auront lieu que dans quatre mois et certains partis ont déjà déployé la grosse artillerie. Ce dimanche, la N-VA a sorti sa machine de guerre.

La N-VA est partout. En radio et en télé pour les polémiques, mais aussi sur le terrain, et surtout en Flandre, bien sûr. Dimanche matin, l’hyperactif et controversé Theo Francken, secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration, donnait une conférence à Brasschaat, au nord d’Anvers, dans la commune plutôt prospère de Jan Jambon.

Et miser sur Theo Francken, ce week-end, était bien vu. Selon un récent sondage, l’homme politique le plus populaire de Flandre, c’est lui. Selon ce même sondage, Theo Francken occupe la quatrième place en Wallonie et la cinquième à Bruxelles. L’après-midi, c’est Bart De Wever qui, lui, était à Hasselt pour clôturait le N-VA Tour.

Le bus jaune

Ces deux dernières semaines, les ténors de la N-VA ont carrément fait la tournée des cinq provinces flamandes en bus, à l’américaine. Un grand bus jaune -impossible de le manquer- aux couleurs de la N-VA, avec le visage de Bart De Wever en grand et où des militants distribuaient des gadgets, comme des bonbons rafraîchissants. La pré-campagne a bien commencé.

Gagner des parts de marché

C’est la pré-campagne des communales, reconnaissait Bart De Wever,  en allant à la rencontre des gens pour encourager les troupes sur le terrain et gagner évidemment des parts de marché. À Hasselt, ils espèrent que l’actuel ministre de la Défense, Steven Vandeput, sera le futur bourgmestre. Les derniers sondages un peu plus faiblards ne font pas peur à Bart De Wever. "Je suis plutôt confiant. Je suis optimiste, j’ai un bon sentiment quand je rencontre les gens."
Et si le leader flamand reconnaît que le dernier sondage était moins bon, il s’en accommode aisément : "Ce n’est pas mauvais. Un sondage moins bon encourage tous les gens de la N-VA à ne pas se reposer et à vraiment savoir que des élections ne sont jamais gagnées d’avance. "

Les thèmes de prédilection de la N-VA?
 

Dimanche, Bart De Wever énumérait lui-même les thèmes chers au parti :  "la sécurité, la prospérité, l’identité, mais bien sûr aussi l’immigration".

On le sait peu dans le sud du pays, mais Theo Francken remplit les salles depuis près de trois ans. C’est le " Theo Tour ". Son côté showman lui permet de tenir son public en haleine pendant près de deux heures. Dimanche -à l’heure de l’apéro- il n’hésitait pas à rebondir sur les polémiques en révélant les coulisses, et en donnant sa version des polémiques. Cette présence sur le terrain paie, puisqu’en deux semaines, il était fier d’annoncer à l’assemblée de près de 300 personnes, qu’il avait fait 2000 nouveaux membres. A Brasschaat, le public était plutôt conquis. Comme cet homme: "On vient pour Theo parce que c’est le politicien le plus populaire de la Belgique. Et puis il a raison, dans ce qu’il fait, il a raison."  Même son de cloche, pour cette femme "Tout le monde est concerné par la problématique de l’immigration. Je pense qu’il en va de notre sécurité à nous tous. Et puis son style direct séduit pas mal de personnes, je pense. Donc, à mon avis, ça fait son succès."
Et cet avis est assez unanime. Dans la salle, de nombreux fans, de tous âges, réclamaient des selfies en compagnie de Theo Francken. Avec des nuances pourtant. Car dans l’après-midi, la joyeuse équipe a débarqué à la Fête des Solidarités sous les huées de certains participants estimant la N-VA peu solidaire.

Où sont les autres partis?

Cette omniprésence ne se retrouve pas parmi les autres partis de Flandre. D’abord, la N-VA a loué ("pas acheté", insiste Bart De Wever) un bus. La N-VA est beaucoup plus riche que les autres partis. La N-VA  a même un trésor de guerre. Grâce à ses résultats de 2014, la N-VA reçoit plus de subsides publics qu’aucun parti n’en a jamais reçus avant lui.

12 millions par an

Les subsides sont calculés sur le nombre de parlementaires. Ce qui lui permet de recevoir 12 millions par an, et Bart Maddens, politologue de la KU Leuven, proche de la N-VA, a fait ses petits calculs. Selon lui, la N-VA disposera en 2019 de 43 millions d’euros.

Bien sûr, tout ne tourne pas aussi bien dans la campagne électorale. Mais la N-VA a malgré tout plus qu’une poire pour la soif. Et il en profite pour être omniprésent sur le terrain et dans les réseaux sociaux. Quand il a un message à communiquer ou quand il veut montrer qu’il est là, Theo Francken twitte plus vite que son ombre. Et il est partout.La N-VA mène déjà la campagne à Bruxelles, où elle a distribué des dizaines de milliers de tracts.

La chasse aux membres

Un élément encore dans cette mania de la N-VA : il faut savoir que les derniers chiffres montrent qu’ils attirent, grosso modo, 5000 nouveaux adhérents par mois. C’est la course pour être le parti qui comptera le plus de militants. Aujourd'hui, le plus gros parti militant reste le parti socialiste avec 90.000 membres pour le PS, contre un peu plus de 40.000 pour la N-VA. Mais l'écart se réduit.

 

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