Le Musée de l'Armée se défend de toute destruction indue de son patrimoine

Le Musée de l'Armée se défend de toute destruction indue de son patrimoine
Le Musée de l'Armée se défend de toute destruction indue de son patrimoine - © Tous droits réservés

La direction du Musée royal de l'Armée (MRA) réagit à l'article de La Libre dénonçant un "jeu de massacre" de ses collections. Le Musée dément toute destruction, pillage ou encore vente de pièces du patrimoine de cet établissement dépendant du ministère de la Défense, en réponse à des accusations circulant sur internet et répercutées par le syndicat socialiste CGSP.

"La direction (...) est étonnée de lire les reproches formulés à l'encontre du Musée concernant la soi-disant destruction et même le pillage de pièces de son patrimoine dans le cadre du déménagement de ses réserves externes. On prétend que le MRA envoie à la casse du matériel coûteux ou même le revendrait à cette occasion. Ces accusations reposent sur une vision erronée de la situation", a-t-elle indiqué dans un communiqué à l'agence Belga.

Cette déclaration fait suite à des accusations sur un "scandaleux massacre" et un "gaspillage" dans les réserves du MRA situées à Vissenaken (Brabant flamand) et Kapellen, près d'Anvers, où des ferrailleurs désignés par la Défense auraient "ramassé tout ce qui est métal, dont une tourelle rarissime d'auto blindée Staghound, un nez complet de (char) Sherman".

Selon la direction, "la firme qui procède à l'enlèvement du matériel des réserves a été désignée par la Défense, qui a l'expertise en la matière, selon la procédure réglementaire des marchés publics". En amont, le MRA a suivi une procédure rigoureuse dans le cadre du déménagement du patrimoine des réserves de Kapellen et Vissenaken vers respectivement les dépôts de Brasschaat (au nord d'Anvers) et de Landen (Brabant flamand).

Selon cette procédure, toutes les pièces de collection avec un numéro d'inventaire, qui font partie du patrimoine indivisible du MRA, ont été transportées "avec le plus grand soin" vers leur nouvel espace d'accueil, a expliqué la direction du MRA.

Pour les objets sans numéro d'inventaire, qui ne font pas partie strictement du patrimoine du MRA, ils ont été examinés un par un par des spécialistes afin de savoir s'ils avaient une valeur historique et/ou technologique. Si c'était le cas, ils ont aussi été transportés vers les nouvelles réserves et rattachés au patrimoine du musée, ajoute le communiqué.

Pour certains objets qui n'étaient pas inventarisés et n'avaient pas de valeur intrinsèque, il a été décidé de les envoyer à la casse compte tenu de la capacité limitée des réserves du MRA.

"Cette décision a été prise conformément aux règles muséales internationales, telles que la politique de conservation, la politique de rejet de pièces de collection et le projet d'avenir muséal", a assuré la direction du musée. Celle-ci a été remaniée début avril par le ministre de la Défense, Pieter De Crem, et confiée collégialement au conservateur Piet De Gryse et à Christine Van Everbroeck après le non-renouvellement du mandat de l'ex-conservateur en chef Dominique Hanson.

"Le Musée royal de l'Armée comprend le mécontentement que certaines personnes peuvent ressentir face à cette situation, mais il n'est nullement question de destruction, de pillage ou encore de vente de pièces du patrimoine du MRA", conclut le communiqué.

Selon le secrétaire permanent de la CGPS-Militaires, Patrick Descy, "de nombreuses pièces stockées au dépôt de Kapellen qui abrite une collection forte de 500 véhicules et autres éléments, bien connus et enviés, n'ont pas été échangées ou vendues, ni même données, mais viennent tout simplement d'être ferraillées fin septembre".

Une source interne au MRA a pour sa part affirmé que l'un des deux ferrailleurs désigné par la Défense aurait décidé de revendre certaines pièces pour "plusieurs dizaines de milliers d'euros" plutôt que de les détruire.


Belga

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