Le MR renonce à la suppression de l'obligation de vote et au service citoyen obligatoire

Le MR renonce à la suppression de l'obligation de vote
Le MR renonce à la suppression de l'obligation de vote - © JEAN-LUC FLEMAL - BELGA

Le MR se réunissait ce mardi afin d'actualiser son programme. Le parti s'est prononcé mardi soir pour le maintien de l'obligation de vote en Belgique à l'occasion d'un congrès destiné à actualiser la doctrine du parti en vue des prochaines élections.

Au centre de toutes les conversations ces dernières semaines dans les rangs réformateurs, l'amendement préconisant la fin de l'obligation de vote a été rejeté par 57% des quelque 1.500 militants et mandataires du parti réunis mardi soir à Ciney.

Dans une salle de congrès aux allures de ring de boxe où la bande originale du film "Rocky" a résonné un moment, l'ancien ministre Louis Michel a sorti l'artillerie lourde pour dénoncer cet amendement, défendu par le jeune loup du parti Georges-Louis Bouchez.

"Abolir l'obligation de vote, c'est miser sur les électeurs qui seraient indigents intellectuellement, qui ne seraient pas assez motivés pour aller voter", a fustigé l'eurodéputé, dénonçant une proposition "infantilisante" aux "relents de vote censitaire".

Pas de service citoyen obligatoire

Outre cet amendement, les militants et mandataires MR ont encore plus clairement rejeté une autre proposition visant à instaurer un service citoyen obligatoire.

Ils ont en revanche appuyé l'idée du charte citoyenne où les Belges certifieraient leur adhésion aux valeurs et libertés fondamentales, ainsi qu'un autre amendement laissant aux contribuables le choix de décider de l'affectation d'une partie de leurs impôts à l'une ou l'autre thématique qui leur tiendrait plus à coeur.

Fort d'une petite centaine de pages, le reste du manifeste intitulé "Pour un libéralisme engagé" confirme pour le reste une série de fondamentaux du parti, comme la liberté individuelle, la sécurité, la neutralité de l'Etat, la gestion des flux migratoires et bien évidemment le soutien à l'esprit d'entreprise ou l'économie de marché qui se doit toutefois d'être "au service de l'humain".

Il confirme aussi la volonté des libéraux de clarifier et réduire la réglementation, d'aboutir à une société "interculturelle" rejetant les communautarismes.

Générations futures

Face aux défis contemporains comme le terrorisme, la soutenabilité des finances publiques ou encore le réchauffement climatique, le nouveau manifeste dit aussi se soucier des générations futures. "Nous refusons de transmettre un héritage malsain, un pays endetté, une protection sociale exsangue, sans repères éthiques, une économie essoufflée, un monde insécurisé et non pacifié", a insisté le président du parti, Olivier Chastel. "Les réponses cohérentes à ces défis ne peuvent être apportés que par la démocratie libérale", a-t-il assuré.

L'ensemble du manifeste, fruit d'un vaste travail de réflexion piloté par le député-philosophe Richard Miller, a été approuvé mardi soir à l'unanimité des militants réunis, moins une abstention. Il servira de base idéologique pour l'élaboration des programmes de campagne en vue des prochaines élections communales de 2018 et du scrutin fédéral et régional de 2019.

Après les votes et un discours de clôture, le congrès s'est achevé sur une note festive, le parti libéral célébrant cette année les 170 ans de son existence.

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