Le MR pointe le manque de volontarisme du gouvernement wallon

Débat sur la déclaration de politique régionale au parlement wallon
Débat sur la déclaration de politique régionale au parlement wallon - © Archive VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Le MR demande à voir le véritable accord de gouvernement conclu par le PS et le cdH. Aux yeux des libéraux, la Déclaration de politique régionale prononcée mercredi par le ministre-président Paul Magnette occulte les efforts budgétaires qui attendent la Wallonie et ne contient aucune référence chiffrée.

"Les seuls chiffres que l'on trouve dans la Déclaration, ce sont les chiffres des pages", a ironisé Willy Borsus. Manifestement, la Région devra économiser pas moins de 800 millions d'euros dans les années qui viennent. Le nouveau gouvernement n'ambitionne de revenir à l'équilibre budgétaire qu'en 2018, alors que son prédécesseur s'était réjoui d'y être parvenu en 2014. Quant à la dette, selon les règles de calcul européennes, elle s'élèvera à quelques 16 milliards d'euros.

"Pouvez-vous nous communiquer le véritable accord de gouvernement? Qui croit que l'on va trouver 800 millions d'euros dans le budget wallon et que cela passera inaperçu? Je vous invite à un exercice de transparence et de vérité. Les gens savent que l'austérité est là; ils ont droit à la vérité", a lancé Willy Borsus.

Le MR a pointé du doigt l'imprécision ou la faiblesse de la DPR dans de nombreux domaines: bonus logement, déductibilité fiscale des titres-services, allocations familiales, gouvernance, rationalisation des structures économiques, vision institutionnelle, etc.

Contrat d'insertion

La Déclaration pèche par manque de volontarisme, estiment les libéraux. Au contraire, ont répondu les socialistes qui ont ciblé plusieurs mesures comme le contrat d'insertion qui sera offert aux jeunes qui sortent de l'école, le gel des cotisations sociales pour l'engagement de jeunes peu qualifiés ou la réforme complète des aides à l'emploi en concertation avec les partenaires sociaux.

Les socialistes avaient annoncé qu'ils essaieraient de former les "majorités les plus progressistes". Selon eux, l'engagement est tenu. "Oui, en Wallonie, il y a une majorité pour penser qu'un système plus égalitaire est l'objectif premier. Une majorité qui refuse de s'inscrire dans une politique néolibérale dont on mesure chaque jour l'ampleur du désastre humain et que d'aucuns s'évertuent pourtant à mettre en place à un autre niveau de pouvoir", a souligné Olga Zrihen, égratignant ainsi les libéraux et la majorité fédérale en voie de constitution.

Cadre budgétaire strict

"Un cadre budgétaire plus strict que jamais", a reconnu Dimitri Fourny (cdH). L'étroitesse des moyens impliquera encore plus qu'avant de traquer les dépenses inutiles et d'éviter le saupoudrage, ont averti les centristes, pour réaliser "un exercice de redressement budgétaire inédit", dont l'un des actes majeurs sera le budget qui sera présenté à l'automne. Mais il n'y aura pas d'impôt nouveau qui touchera les citoyens ou les entreprises, a précisé le cdH.

Ecolo soutiendra les "intentions positives" de la DPR, à conditions qu'elles soient concrétisées. Comme le MR, les écologistes regrettent le peu de détail de l'accord tel qu'il a été présenté et qui les rend méfiants, voire inquiets. "Le ministre-président nous a présenté une série de bonnes nouvelles parce qu'il a gardé les mauvaises pour plus tard", a prédit Stéphane Hazée qui n'a pas manqué d'épingler les absences de la Déclaration, à commencer par la politique environnementale.

"Beaucoup d'intentions parfois positives mais peu d'engagements précis. De nombreuses questions et de la perplexité. Une vive inquiétude sur le terrain de la mise en oeuvre, des choix budgétaires et de l'impact sur les personnes les plus faibles. Et puis des renoncements inquiétants sur le plan du développement durable", a résumé Stéphane Hazée.

Austérité

"L'austérité en entrée, plat et dessert", a jugé Frédéric Gillot (PTB).

Les marxistes redoutent "la destruction de l'emploi public" qu'entraînera selon eux l'accord de gouvernement, la privatisation des services communaux que provoquera la pression mise sur les communes et une politique qui vise à stimuler la compétitivité des entreprises. "La compétitivité rime surtout avec le profit des actionnaires et une dégradation des conditions de travail", a averti l'ancien syndicaliste d'ArcelorMittal.

D'après Belga