Le MR met la pression sur Armand De Decker, confirmant "une faute de déontologie personnelle"

Armand De Decker: ses sorties "pas opportunes" créent un "malaise" au MR
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Armand De Decker: ses sorties "pas opportunes" créent un "malaise" au MR - © AURORE BELOT - BELGA

François-Xavier de Donnea a fait rapport lundi à midi aux membres du conseil de conciliation et d'arbitrage du Mouvement réformateur de l'entretien qu'il a eu il y a une semaine avec l'ex-président du Sénat Armand De Decker. Il avait été demandé au bourgmestre de Uccle de renoncer à ses mandats internes au MR en raison de la confusion de rôles potentiellement entretenue dans la défense du milliardaire Patokh Chodiev.

Une faute déontologique personnelle a été commise

Au terme de cette réunion, le conseil a bien confirmé qu'à "son sens, une faute déontologique personnelle a été commise par Armand De Decker dans le dossier 'Chodiev'", tout en rappelant la "la nécessité de laisser la justice et la commission d'enquête parlementaire faire leur travail".

Dans un communiqué, le MR rappelle que "pour cette raison, Armand De Decker n'exerce plus depuis le 20 novembre 2016 aucune fonction interne au sein du Mouvement Réformateur et de ce fait, ne s'exprime plus au nom du MR."

"Le Conseil de Conciliation et d’Arbitrage constate qu’Armand De Decker persiste à contester avoir commis une telle faute et donc exige qu'Armand De Decker introduise sans délai une demande d'avis à la Commission fédérale de déontologie sur le caractère déontologique de ses interventions dans le dossier Chodiev."

Des déclarations peu appréciées

L'invitant à la mesure, le MR avait décidé que M. De Decker ne s'exprimerait plus au nom du parti. Depuis, l'ex-président du Sénat s'est exprimé à plusieurs reprises, singulièrement au conseil communal d'Uccle - commune dont il reste le bourgmestre - mercredi, et dans une interview au quotidien L'Echo samedi. Dans cette interview, il regrette notamment les décisions prises par le MR à son endroit.

Il y a un "sentiment d'un certain malaise", indique-t-on au MR où on évoque "l'expression de communications pas opportunes". Willy Borsus, ministre fédéral, a ainsi déclaré, avant de rejoindre le conseil de conciliation, qu'il avait vu "qu'un certain nombre de ses déclarations" étaient "étonnantes, (...) mais nous allons en discuter".

Denis Ducarme, chef de groupe MR à la Chambre a lui déclaré qu' "indiquer que les sanctions qui ont été prises à son encontre par le MR sont regrettables, ce n'est pas adapté, c'est pour cela que j'ai indiqué qu'un profil plus bas en son chef était plus adapté".

Un "manque de prise de conscience du problème déontologique"

Le président du conseil de conciliation et d'arbitrage François-Xavier de Donnea avait invité Armand De Decker à introduire une demande d'avis confidentiel à la Commission fédérale de déontologie de la Chambre sur le caractère déontologique de ses interventions dans le dossier Chodiev. Cette demande n'a toujours pas été introduite. "Je pense que de demander un avis sur cette situation à la Commission de déontologie de la Chambre est un élément qui peut également produire de nouveaux développement." a déclaré Denis Ducarme avant d'entrer en réunion.

Le conseil de conciliation avait fini par intervenir alors que la presse se faisait de plus en plus insistante en relayant des pièces du dossier judiciaire à l'instruction à Paris - un contrat aéronautique avec le Kazakhstan assorti d'un présumé trafic d'influence visant à modifier la législation belge - au cœur duquel se trouve cité le nom de M. De Decker.

Au MR, on estime que le "manque de prise de conscience du problème déontologique" par Armand De Decker confirme que la décision prise la semaine dernière par le conseil de conciliation était "nécessaire". Dans l'Echo de samedi, M. De Decker répète n'avoir joué aucun rôle dans le kazkhgate. 

La pression sur Armand De Decker risque donc bien de s'intensifier ce lundi, désormais le MR entend bien prendre un maximum de distance. L'enjeu de cette réunion du MR sera de voir s'il sera possible et opportun de trouver un moyen de contraindre Armand De Decker à faire un pas de côté sans mettre en porte-à-faux le parti.

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