Le MR et les FDF divorcent, y aura-t-il un gagnant?

Olivier Maingain (G) sert la main de Charles Michel (D)
Olivier Maingain (G) sert la main de Charles Michel (D) - © NICOLAS MAETERLINCK (archives belga)

Les FDF (Fédéralistes démocrates francophones) doivent entériner l'acte de décès de la fédération PRL/ FDF dimanche, après 18 ans d'union. Pouvait-on s'attendre à ce divorce ?

Entre Olivier Maingain et Charles Michel, le malaise est patent depuis l'élection de ce dernier à la tête du MR en février dernier. Didier Reynders avait laissé les coudées franches aux FDF. Ce ne sera pas le cas avec son successeur.

Mais au sein du Mouvement réformateur, le malaise remonte sans doute à bien plus longtemps quand Olivier Maingain a commencé à créer, il y a plus d'un an, des sections FDF en Wallonie, sans consulter les libéraux.

Tout s'est accéléré ces dernières semaines. Olivier Maingain n'a eu de cesse de répéter que la scission de BHV ne pouvait avoir lieu sans l'élargissement de Bruxelles ou à tout le moins avec de sérieuses garanties pour tous les francophones de Hal-Vilvorde.

Le président des FDF a soigneusement été tenu à l'écart des négociations, ce qui aurait été pris comme une provocation par les négociateurs flamands.

La scission de BHV, sans réelles garanties pour les francophones hors communes à facilités allait faire le reste. Chacun restait dans sa logique, le divorce devenait inéluctable.

Dans ce bras de fer, finalement, qui a le plus à perdre ?

Les deux ! Comme souvent dans les séparations.

Cela risque d'être rapidement concret pour les FDF : avec 3 députés à la Chambre, ils ne formeront pas un groupe parlementaire et perdront une très large part de leur financement. Les groupes vont se scinder aussi au Parlement bruxellois ou à la Communauté française. Mais c'est surtout dans les communes bruxelloises que cela va se marquer concrètement. Ils se présenteront séparés, avec le risque de perdre des fauteuils de bourgmestre.

Dès la semaine prochaine, le MR ne sera plus le premier parti bruxellois, tout avantage pour le Parti socialiste. En Wallonie, si l'implantation des FDF reste très hypothétique, elle pourrait coûter quelques voix au MR.

Mais avec désormais une 5e force politique, non négligeable à Bruxelles, cela rouvre toutes les perspectives d'alliance.

Philippe Walkowiak

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