Le ministre Marcourt appelé à réformer le système d'allocations d'études

Le ministre Marcourt appelé à réformer le système d'allocations d'études
Le ministre Marcourt appelé à réformer le système d'allocations d'études - © NICOLAS LAMBERT - BELGA

La Fédération des étudiants francophones (FEF), la Ligue des familles et le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP) demandent conjointement au ministre francophone de l'Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt, d'apporter des aménagements urgents à la réforme du système d'allocations d'étude, essentiel pour les étudiants issus de familles modestes. La dernière réforme, qui date d'octobre 2016, a dans son application quotidienne des "conséquences néfastes, éloignées des réalités sociales du demandeur", ont soulevé les trois associations lors d'une conférence de presse jeudi.

Le ministre de l'Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt procède actuellement à l'évaluation de sa récente réforme du régime d'allocations d'études, a-t-il indiqué jeudi soir après les critiques formulées plutôt dans la journée par la Fédération des étudiants francophones (FEF), la Ligue des familles et le réseau wallon de lutte contre la pauvreté."Nous travaillons actuellement à l'évaluation et à l'amélioration du texte avec l'ensemble des parties, représentants des étudiants y compris. Nous évaluons ces impacts afin de corriger les effets non désirés", a précisé jeudi soir le Liégeois dans un communiqué.

Effets néfastes de certaines dispositions

Si en 2016, lors de l'entrée en vigueur de la réforme, la FEF, la Ligue des Familles et le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté avaient salué le retrait du critère de réussite académique pour l'octroi des bourses, les organisations constatent aujourd'hui plusieurs effets néfastes de certaines dispositions mises en place à l'époque et qui ne garantissent pas le droit aux études.

"Une famille monoparentale est, avec cette réforme, désormais pénalisée parce qu'elle touche une pension alimentaire. Idem avec l'aide à l'handicap. C'est complétement aberrant", déplore Delphine Chabert, secrétaire politique à la Ligue des familles, faisant référence au critère de globalisation des revenus repris dans la réforme et qui comptabilise une série de ressources familiales pour décider d'accorder ou non une bourse d'étude.

Autre règle dénoncée par les associations: la mise en place de plafonds minimaux de revenus, à savoir que si une famille ne gagne pas suffisamment, elle ne peut prétendre à l'octroi d'une bourse d'étude. "Une mesure contre-productive et injuste qui exclut précisément les étudiants vivant dans les familles les plus précarisées", regrettent les associations.

Celles-ci demandent dès lors au ministre le retrait de ces dispositions mais encore la non-prise en compte des personnes qui sont dans une situation de colocation. "Il faudrait par ailleurs une intervention forfaitaire dans les transports en commun", ajoute Maxime Mori, le président de la FEF.

Le ministre Marcourt sera interpellé à ce sujet demain/vendredi devant la Commission Vie étudiante, Démocratisation et Affaires sociales (CoVEDAS) de l'Ares, la fédération des établissements d'enseignement supérieur. Des modifications rapides lui sont demandées afin que la réforme modifiée puisse être effective à la rentrée académique prochaine.

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