Christophe Lacroix (PS) sur Publifin : "Je me suis senti trahi par certains des miens"

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L’invité du grand Oral La Première Le Soir était ce week end Christophe Lacroix, ministre wallon du budget, de la fonction publique, de la simplification administrative, interrogé par Jacques Cremers, Jean-Pierre Jacqmin pour la RTBF et Béatrice Delvaux pour Le Soir.

Celui qui est également ministre de l’énergie depuis la démission en janvier dernier de Paul Furlan, n’a peur de rien, puisqu’il vient d’émettre une solution qui selon lui va permettre de " tourner la page " de la dérive financière du photovoltaïque et surtout éviter au consommateur wallon de payer dès le premier octobre, 40 euros de plus par an sur sa facture énergétique.

Si le consommateur paye 40 euros de plus en octobre, ce sera un échec personnel 

"Ces 40 euros, c’est inacceptable à mes yeux," déclare le ministre qui défend l’idée de financer pendant 5 ans minimum –" le mécanisme sera renouvelable "- la facture de ces certificats (600 milloins) en puisant dans les réserves d’organismes publics wallons (Forem, Logements ..).

"Cette solution est réaliste et permet d’éviter de payer des intérêts en prenant de l’argent dans les réserves wallonnes des Unités d’administration publiques qui ont triplé en 10 ans et non par emprunt auprès de banques privées ". Ah bon, de l’argent dort en Wallonie et le Forem par exemple n’en aurait pas besoin pour financer encore mieux la lutte contre le chômage (formation, allocation etc..) ? " Je verrai chaque année avec ces organismes de quoi ils sont capables, si l’un ne peut le faire, un autre peut compenser et cela ne handicapera en rien leur politique. Je ne réduis en rien les capacités du Forem d’adopter une politique d’emploi. Je ne pique pas d’argent car il s’agit d’argent collectif, qui appartient au gouvernement et qui me permet de répondre à un besoin citoyen – la facture électrique -, aussi important que la recherche d’emploi. ".

Une manière de botter en touche pour 5 ans, histoire d’éviter d’envoyer un consommateur-électeur fâché vers les urnes? " Si je suis ministre du gouvernement, c’est parce que j’espère remporter les élections. Mais ce n’est pas une solution tordue, elle est transparente et sera portée au Parlement où l’opposition pourra s’exprimer." Mais le ministre s’engage : le consommateur ne payera pas 40 euros de plus sur sa facture énergétique en octobre " sinon ce sera un échec personnel ".

Publifin/Nethys

Sur l’avenir de Resa, le distributeur de gaz et d’électricité public aujourd’hui logé dans le groupe Publifin/Nethys dont l’avenir est désormais suspendu, le ministre se veut prudent : il aura son mot à dire comme ministre de l’énergie mais le moment venu. " Pas de précipitation, il faut attendre les conclusions de la Commission Publifin, l’audit sur le secteur demandé par le gouvernement wallon sur le secteur. J’ai moi-même demandé à l’organe régulateur (la Cwape) et à mon administration de me faire des recommandations sur la séparation des métiers. "

Mais sa philosophie est claire : " Je veux combattre la manière actuelle de diversifier n’importe comment et en tant que socialiste, l’initiative publique en la matière doit être prioritaire. Mais attention, des intérêts privés pourraient se saisir d’un problème de mal gouvernance pour faire un rapt sur ce qui est sur le plan économique, une réussite ". Le ministre souhaite clairement que tous les actifs reviennent dans Publifin, avec un mot à dire par les actionnaires, communes et provinces.

Je suis fier d’être wallon aujourd’hui

Christophe Lacroix qui fut le collègue d’André Gilles à la province de Liège durant 6 ans, plaide pour que Publifin/Nethys pratique la transparence nécessaire vis-à-vis de l’actionnaire majoritaire qui est le citoyen : " Cela n’a pas été le cas (..) Je salue les cinq députés dont le travail est mis en cause par Nethys aujourd’hui. Je suis fier d’être wallon aujourd’hui quand je vois comment le Parlement a travaillé au-delà des clivages politiques. " Appliquera-t-on vraiment les conclusions de la Commission : " Ils n’auront pas le choix. Ceux qui veulent résister aujourd’hui n’ont rien compris s’ils pensent que le monde n’a pas changé (..) Quand j’étais à la Province, je n’étais pas au courant des rémunérations pratiquées que je trouve exorbitantes et scandaleuses. Je me suis senti trahi, par certains des miens. Cela m’a bouleversé. Quand on est socialiste on doit avoir un rapport clair avec l’argent ".


Finies les guerres entre le fédéral et la région wallonne sur le budget ? " Quand il faut se battre on le fait, même si on nous prend pour des bouseux wallons qui viennent réclamer leur dû. (..) Mais nous voulons aussi être une force de proposition positive, la Belgique ne doit pas être une coquille vide. ", précise un ministre qui accuse la N-VA de vouloir " pousser les francophones à la révolution contre la Belgique "


Le ministre a par ailleurs réservé au Grand Oral une proposition qu’il va faire au gouvernement wallon : l’introduction d’une taxation sur les robots pour financer les pertes de la sécurité sociale liées aux pertes d’emploi provoqué par la digitalisation et palier aux effets négatifs de la révolution numérique pour les personnes délaissées : " Il faut réinventer un modèle fiscal avec créativité ".

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