Le ministre flamand du budget est "choqué" par les protestations du secteur culturel

Le ministre flamand du budget est « choqué » par les protestations du secteur culturel
Le ministre flamand du budget est « choqué » par les protestations du secteur culturel - © JASPER JACOBS - BELGA

La note d’explication budgétaire présentée ce week-end par le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA) a suscité une vague de protestations dans le secteur culturel. Le ministre flamand des Finances et du Budget, Matthias Diependaele (N-VA) défend les économies de son gouvernement au micro de la VRT.

"Dramatique", "regrettable", "incompréhensible"… les représentants du secteur culturel flamand s’indignent des économies prévues par le gouvernement Jambon. En 2020, les subsides accordés à différents projets culturels passeront de 8,47 à 3,39 millions d’euros, soit une chute de 60%. Les subsides de fonctionnement seront eux aussi diminués de 6%, un recul toutefois limité à 3% pour certaines grandes institutions telles que le Vooruit à Gand ou l’Ancienne Belgique à Bruxelles.

Le directeur du théâtre royal flamand KVS parle d'un coup dur pour les arts de la scène. "Cela va par ailleurs à l’encontre de l’esprit de l’accord gouvernemental qui parle d’excellence", indique Michael De Cock à la VRT. "Venant d’un parti nationaliste qui mise sur l’identité, c’est vraiment incompréhensible".

" Choquant "

Interrogé dans l’émission radio " De Ochtend " (VRT), le ministre flamand des Finances et du Budget, Matthias Diependaele (N-VA) défend la politique de son gouvernement qui vise l’équilibre budgétaire d’ici 2021 : "Nous avons décidé de ne pas reporter des dettes aux générations futures. Le but est de pouvoir investir dans les infrastructures, l’enseignement, le bien-être, les logements sociaux."

Et d'ajouter: "Je suis convaincu que les Flamands comprennent que les autorités ne peuvent pas dépenser plus que ce qu’elles ne reçoivent. Nous voulons quand même investir, c’est pour ça que nous avons cherché de l’argent dans tous les domaines. […] Entendre de la part du secteur culturel que nous ne pourrions pas le faire seulement pour eux, je trouve ça choquant."

L’exemple de l’administration

Le secteur culturel n’est pas le seul en proie à des économies. Dans les plans du gouvernement flamand, l’administration devra fonctionner avec 1440 fonctionnaires en moins d’ici la fin de la législature et les ressources opérationnelles ne seront plus indexées.

"Les autorités flamandes font les plus grands efforts. Nous allons regarder comment on peut fournir les mêmes services avec moins d’argent et moins de personnel. Nous sommes convaincus que c’est un défi que les institutions du secteur culturel peuvent aussi relever", commente le ministre flamand du Budget.

Les médias touchés aussi

Le service public flamand de radio et télévision devra économiser l’an prochain 2,4 millions d’euros, et les coupes devraient augmenter les années suivantes pour atteindre 12 millions d’euros en 2024.

"Ils essaient de nous réduire au silence, comme ils tentent de le faire avec la VRT. Ils jouent à la maîtresse sévère à laquelle il faut obéir, mais je ne suis pas d’accord. C’est notre argent, celui de nos impôts, avec lequel ils paient leurs propres postes et salaires", dénonce le pianiste Jef Neve à la VRT.

La CGSP, le SLFP et la CSC ont déposé un préavis de grève à la VRT mi-octobre. Aucune action ne sera menée dans l'immédiat mais les trois syndicats marquent leur soutien à la direction dans ses discussions avec le gouvernement flamand

La VRT n'est pas la seule à subir des coupes budgétaires. Le groupe de médias flamand et bruxellois Bruzz recevra lui 6% de subventions en moins de la Communauté flamande l’année prochaine, soit une économie d’environ 336.000 euros.

Le gouvernement flamand a également décidé d’arrêter le financement du Vlaams Journalistiek Fonds, un fond de 500.000 euros créé en 2018 pour promouvoir les projets journalistiques innovants.

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