Le mea culpa d'Emir Kir pour tenter de mettre fin à la polémique

Le mea culpa d’Emir Kir, vers un clap de fin pour cette affaire ?
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Le mea culpa d’Emir Kir, vers un clap de fin pour cette affaire ? - © Tous droits réservés

Cet après-midi, Emir Kir s’est fendu de messages sur twitter qui sont loin d’être anodins. Le bourgmestre tente d’éteindre le feu provoqué par sa rencontre avec des maires turcs d’extrême droite.

Le bourgmestre de Saint-Josse écrit : " Vu l’émoi suscité par la visite de courtoisie de l’Union des villes turques et mon audition par les rapporteurs de la commission de vigilance de la fédération bruxelloise du PS bruxellois, j’ai décidé de supprimer la publication sur les réseaux sociaux du 4 décembre dernier. Je réaffirme sans ambiguïté qu’il s’agissait d’une erreur d’appréciation de ma part. A l’avenir, je ferai preuve de plus de vigilance. Je redis mon attachement aux valeurs du PS et rappelle avec force ma condamnation de l’extrême droite sous toutes ses formes où que ce soit dans le monde."

Les messages d'Emir Kir

Les messages d'Emir Kir

La rencontre polémique

Pour rappel, le 5 décembre dernier, Emir Kir a reçu à la maison communale de Saint-Josse une délégation de 6 maires turcs, dont deux sont membres du MHP (un parti nationaliste considéré comme étant d’extrême droite et proche de l’organisation des Loups Gris). Le bourgmestre de Saint-Josse avait même posté une photo de cette visite sur les réseaux sociaux, évoquant une "agréable rencontre". De quoi soulever la polémique et de vives réactions au sein du PS qui défend le cordon sanitaire et le refus de la banalisation de l’extrême droite.

Ainsi, un membre du parti socialiste, Jeremie Tojerow, a décidé de déposer une plainte auprès de la commission de vigilance du parti socialiste expliquant qu’il ne s’agissait pas de la première rencontre du genre. En juillet 2018, Emir Kir avait déjà rencontré un maire du MHP en Turquie.

Les socialistes divisés

Suite à cette plainte, la commission de vigilance à commencer à se pencher sur l’affaire. Pour l’instant le plaignant et Emir Kir ont été entendus par deux rapporteurs qui doivent rendre un rapport sur l’affaire à la commission. En principe, la prochaine étape consiste en une réunion plénière de la commission de vigilance pour auditionner à nouveau Emir Kir et décider des suites à donner à cette affaire. La commission peut infliger des sanctions allant jusqu’à l’expulsion du parti.

Si la commission travaille, nous dit-on, en toute indépendance et discrétion, plusieurs membres du parti socialiste ont fait entendre leur voix dans cette affaire. Le président du PS, Paul Magnette et le président de la Fédération bruxelloise du parti Ahmed Laaouej ont condamné l’attitude d’Emir Kir. Sur BX1 Rachid Madrane, président du parlement bruxellois, a lui marqué son soutien au bourgmestre de Saint-Josse.

Pour le PS, cette affaire est pour le moins embarrassante. Emir Kir n’en est pas à sa première polémique, mais c’est aussi un grand faiseur de voix. Lors des dernières élections, il a fait à lui tout seul 18.500 voix de préférence, ce n’est pas anodin, surtout vu la situation politique actuelle, où chaque siège est indispensable.

La sortie d’Emir Kir aujourd’hui pourrait-elle mettre fin à la polémique et offrir une porte de sortie acceptable pour tout le monde ? Impossible à dire pour le moment. Mais cette courbe rentrante, publique qui plus est, constitue une véritable tentative d’apaisement. Ce n’est pas dans les habitudes d’Emir Kir de faire ce genre de concession, celle-ci sera donc remarquée, y compris au sein des instances du PS. 

Du côté de la commission de vigilance du PS, personne ne veut commenter cette sortie ou même d'ailleurs quoi que ce soit dans ce dossier. Tout juste nous a-t-on confirmé que la commission poursuit bien son travail, peu importe les déclarations des uns et des autres.

 

 

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