Le master en études de genre débute en septembre

A partir du 15 septembre prochain, un nouveau master de spécialisation en études de genre fera son apparition dans les six universités francophones du pays.

Nées dans le sillage des mouvements féministes dans les années 1970, ces études ont longtemps combattu pour obtenir une reconnaissance au sein des universités. Un combat partiellement gagné avec cette nouvelle formation, qui veut offrir une "vision résolument interdisciplinaire des questions de genre et de sexualité, ainsi qu'un aperçu de la diversité de ce champ de recherche".

Les freins ont été nombreux

"Longtemps raillé, porté d'abord, dès les années 1970, par un milieu militant et associatif, le genre trouve pleinement sa place au sein de l'enseignement supérieur", peut-on lire sur le site web dédié au nouveau master, qui relaie un article paru dans la Chronique Féministe, la revue semestrielle de l'Université des Femmes.

"Les freins ont été nombreux et quelques fois incompréhensibles. Discrédité (...) dans le monde scientifique, le genre touche là où ça fait mal et rend plus apparentes par son existence même les discriminations sexistes persistantes dans les carrières scientifiques".

Créer un master en études de genre, vu les a priori sur ce domaine, n'a donc pas été chose facile. Après un long parcours du combattant, initié au début des années 2000, le dossier d'habilitation pour le master en études de genre a finalement été accepté par l'Académie de recherche et d'enseignement supérieur (Ares) en décembre 2016.

Six universités - Liège (ULg), Namur (UNamur), Mons (UMons), Louvain-la-Neuve (UCL) et Bruxelles (ULB et Saint-Louis) - se sont attelées à créer ce master parce qu'à "six, on est plus fort", explique Sarah Sepulchre, professeur de communication à l'UCL. "Ce n'est pas un dossier facile, il n'est pas considéré comme une priorité par les universités. A plusieurs, on était plus forts pour présenter un dossier aux recteurs et aux politiques".

Inscriptions ouvertes jusque fin octobre

Le 15 septembre 2017, les étudiants pourront donc officiellement entamer des études de genre. "Nées dans le sillage des mouvements féministes, leur objet d'étude est désormais beaucoup plus large", explique Sarah Sepulchre. "On se penche aussi sur la communauté LGBT (lesbienne, gay, bisexuels et transgenres, ndlr), les transsexuels, toutes les questions qui touche au sexe (au sens biologique du terme mais aussi social avec des questions de genre et de stéréotypes et de la sexualité)".

Les inscriptions sont ouvertes aux étudiants ayant acquis un master dans l'une des filières listées sur www.mastergenre.be et aux personnes pouvant faire valoir une expérience professionnelle de minimum cinq ans en lien avec la thématique du genre. Elles se font exclusivement via l'UCL.

Jusqu'à présent, entre trois et cinq étudiants se sont inscrits. "Ce n'est pas surprenant car c'est un master de spécialisation. Aussi, les inscriptions sont ouvertes jusque fin octobre donc on constate que les étudiants s'inscrivent plutôt en septembre", souligne Sarah Sepulchre, qui s'attend à recevoir une trentaine d'inscriptions.

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