Le leader d'extrême droite flamande Filip Dewinter, un espion pour le compte de la Chine?

Filip De Winter s'est-il livré à des activités d'espionnage pour le compte de la Chine?
Filip De Winter s'est-il livré à des activités d'espionnage pour le compte de la Chine? - © JONAS ROOSENS - BELGA

Le leader d'extrême droite flamande Filip Dewinter est-il un espion travaillant pour les Chinois ? Toute la presse flamande se pose la question ce matin, et visiblement la justice aussi après des révélations du quotidien "Het Laatste Nieuws", selon lesquelles il a entretenu des liens étroits avec une société chinoise soupçonnée d'espionnage par la Sûreté de l'Etat. 

Au centre de toutes les attentions une société chinoise, Europe China Cultural and Educational Foundation (ECCEF), dirigée par un certain Shao Changchun (officiellement luthier, ainsi que son épouse, et visiblement pas mal de cadres), installée il y a 5 ans à Anvers et qui organisait des événements culturels où elle s'efforçait d'attirer des personnalités politiques et du monde des affaires, se créant un certain réseau. Visiblement avec le soutien - notamment financier - des autorités de Pékin. Après coup, la Sûreté de l'Etat évoque une tentative d'ingérence et d'influence sur les processus de décision en Belgique. Voire de l'espionnage.

Et voilà que l'on découvre que le député fédéral Vlaams Belang, Filip Dewinter, a été l'un des conseillers de la société chinoise en question. Que des frais lui ont été remboursés (essence, repas, billets d'avions, réservations d'hôtels, des déplacements en Chine mais aussi au Kazakhstan), qu'il a rencontré le directeur de la police fédérale à la demande des Chinois, mais aussi l'ambassadeur d'Ouzbékistan. Et enfin qu'il a a organisé des visites aux parlements flamand et fédéral et des séminaires.

Si c'était un espion, alors je suis James Bond

En 2017, le fondateur de la société Shao Changchun, officiellement luthier, a quitté le pays où il n'est plus le bienvenu. Filip Dewinter nie avoir été au courant de liens entre l’organisation et le gouvernement chinois. Il réfute toute idée d'espionnage : "Si c'était un espion, alors je suis James Bond". Il nie aussi toute faute déontologique, et la perception d'un éventuel salaire comme conseiller, là où certaines sources pointées par "Het Laatste Nieuws" évoquent des sommes jusqu'à 25.000 euros en 2017.

Filip De Winter annonce une plainte auprès du Comité R qui supervise nos services de renseignements pour un rapport vieux d'un an, qui fuite soudain, auquel il n'a pu avoir accès et qui "viserait à lui porter dommage". Le dossier est désormais entre les mains du Parquet ainsi que de la commission de déontologie de la Chambre. Le président de la Chambre Siegfried Bracke a transmis le dossier le mois dernier au procureur général de Bruxelles. Le président de l'assemblée a suivi l'avis de la commission de déontologie rendu sur la base d'un dossier anonymisé, a-t-il indiqué à l'agence Belga.

A noter enfin que le responsable de la société, Shao Changchun, avait un bon carnet d'adresses, puisqu'un cliché est également réapparu, le montrant aux côtés de Jan Jambon (N-VA), le ministre fédéral de l'Intérieur. Ce dernier est aussi bourgmestre (empêché) de Braschaat, en périphérie d'Anvers où la société ECCEF était basée. Du côté du cabinet Jambon, on ne conteste pas la rencontre qui remonterait à 2014 mais on se dit incapable de dire dans quel cadre le cliché a été pris : le Chinois faisait-il partie d'une délégation plus vaste ? Pas de réponse...

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