Le Groupe des Dix s’est réuni ce lundi pour entamer les négociations sur l’Accord Interprofessionnel

Les partenaires sociaux, patrons et syndicats se sont réunis ce lundi après-midi au sein de ce qu’on appelle communément le Groupe des 10. Comme tous les deux ans, il s’agit de s'entendre pour conclure un accord interprofessionnel, qui fixera les lignes directrices des relations entre employeurs et travailleurs pour les deux années à venir

Points de vue divergents sur la norme salariale

L’un des points principaux de l’accord interprofessionnel (AIP), c’est la norme salariale, la manière dont pourront évoluer les salaires au cours des deux ans pour lesquels l’AIP sera conclu. Cette norme se discute entre partenaires sociaux sur base de la marge maximale calculée par le Conseil central de l’Economie. Ce dernier a calculé une marge maximale de 0,4%. Un petit chiffre qui laisse augurer de négociations difficiles.

Du côté syndical, à la FGTB, le Président, Thierry Bodson a insisté sur le fait que cette marge maximale devait être surtout indicative et non pas contraignante. Son homologue de la CSC, Marie-Hélène Ska, a déjà estimé que les discussions sur une telle base seront "extrêmement difficiles".

Du côté syndical toujours, l’idée est donc que cette marge de 0,4% laisse de la place à de la souplesse. On souhaite, par exemple, que les secteurs économiques qui s’en sortent mieux puissent négocier des augmentations de salaires allant au-delà des 0,4%.

Les 0,4% ne sont vraiment pas suffisants

Thierry Bodson, le Président de la FGTB a déjà insisté, avant l’entame des négociations, sur la situation exceptionnelle actuelle. A ses yeux, on ne peut dès lors pas prendre le résultat du rapport du CCE "au pied de la lettre". Il insiste donc pour que la norme, "qui ne rencontre pas la réalité économique actuelle", soit avant tout indicative et que l’on tienne compte de la situation très différente selon les secteurs.

"Nous comprenons que la crise est exceptionnelle et que de nombreux secteurs sont en difficulté, mais en plus de cela, il y a des millions de travailleurs dans le secteur privé qui ont continué à travailler, qui ont fait en sorte que le pays continue à fonctionner, que nous ayons de la nourriture, qu’il y ait des transports, qu’il y ait un accueil, etc.", commente, de son côté, Miranda Ullens, secrétaire générale du syndicat socialiste. "Ils comptent également sur la reconnaissance de leur travail. Les 0,4% ne sont vraiment pas suffisants", tonne-t-elle.

Le son de cloche était similaire et tout aussi prononcé du côté de la CSC. Sa secrétaire générale Marie-Hélène Ska a souhaité aussi que l’on tienne compte de réalités fort variables selon les secteurs. Elle prédit déjà des négociations salariales "extrêmement difficiles" sur cette base-là. "Il n’y a pas de négociation possible avec une telle marge", qualifiant cette marge de "non acceptable". 

Du côté des fédérations patronales, on répond qu'aucun secteur n'échappe à cette crise, qui est la plus grave de l'après guerre, n'ouvrant ainsi pas la porte à la souplesse souhaitée par les syndicats. 

Le contexte sanitaire risque de peser sur les négociations

Jusqu’à présent, en raison du contexte sanitaire, les réunions du Groupe des 10 se sont tenues de manière virtuelle. Ce qui change beaucoup les choses. On ne négocie pas de la même manière derrière un écran d’ordinateur qu’en face-à-face dans une salle de réunion. Les rapports de force s’expriment différemment.

Les partenaires sociaux se sont donc vus une première fois officiellement ce lundi, toujours en visioconférence, pour entamer la négociation. Comme à chaque négociation d’accord interprofessionnel, il faudra plusieurs réunions pour voir s’il y a moyen d’avancer. La norme salariale est une partie du futur accord. D’autres points, relatifs au bien-être des travailleurs ou ayant trait aux fins de carrière doivent aussi faire l’objet de négociations et d’un accord. On dit souvent qu’il n’y a d’accord sur rien tant qu’il n’y a pas d’accord sur tout. Si dans les prochaines semaines, les partenaires sociaux ne parviennent pas à un accord, le dossier aboutira sur la table du gouvernement. Ce sera alors à lui de trancher, ce qui est déjà arrivé précédemment.

Les partenaires sociaux se retrouveront mercredi pour voir s'il y a moyen de poursuivre les négociations. 

Les accords interprofessionnels ont 50 ans (JT 13/02/2020)

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