La notation de la Wallonie se dégrade, le grand argentier wallon est sous pression

Les regards se tournent vers Christophe Lacroix. Le ministre wallon du Budget doit présenter les finances régionales sous un jour plus avenant.
Les regards se tournent vers Christophe Lacroix. Le ministre wallon du Budget doit présenter les finances régionales sous un jour plus avenant. - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

La dette wallonne restera-t-elle longtemps "payable" par la Région? Le risque plane sur les finances régionales de voir la notation de la Wallonie se dégrader. Moody’s a averti le Gouvernement qu’il pourrait changer ses recommandations sous peu.

De perspective stable à négative
Jusqu’en juillet dernier, la Région wallonne pouvait compter sur une notation "A1 perspective stable". C’est une note qui vaut son pesant d’or lorsqu’on emprunte sur les marchés financiers. Et la Wallonie, comme toutes les régions ou états, emprunte régulièrement pour financer des investissements ou prolonger les emprunts existants.
Mais en juillet dernier, Moody’s est revenu faire un petit tour en Wallonie, a examiné l’état des finances et a jugé que leur évolution n’était plus si engageante. Les dettes avaient gonflé. Ce qui avait amené l’agence de notation à requalifier les finances wallonnes en "A1 perspective négative".

Les transferts de compétence
C’est essentiellement, se défendent les Wallons, à cause des charges transférées par le Fédéral sur les régions: institutions hospitalières, tax shift et, de façon générale, le transfert des compétences dont le Fédéral s’est débarrassé.
Mais la dégradation de juillet sonnait comme un avertissement. Le ministre wallon du Budget a donc imaginé une série de mesures comme la centralisation de la trésorerie du Service Public et des organismes qui gravitent autour de la Région. Il veut aussi professionnaliser la gestion de la dette en créant une agence spéciale. Le projet devrait être présenté début novembre au Parlement.
Si, "facialement", les chiffres devraient faire plus jolis, les comptes finaux, eux, ne devraient guère évoluer. Or ce que Moody’s regrette, c’est qu’il n’y ait pas de recettes nouvelles pour diminuer les charges.

Impôts nouveaux et/ou réforme fiscale
Alors, le Gouvernement qui s’est jusqu’ici refusé à introduire de nouveaux impôts, pourra-t-il poursuivre sur cette voie? Si ses comptes ne séduisent pas Moody’s, la sanction sera une nouvelle dégradation de la note qui pourrait désormais obliger les Wallons à emprunter à de moins bonnes conditions. De 316 millions d’intérêts remboursés annuellement, l’addition pourrait être plus salée et entraîner le budget dans la tourmente.
On n’en est pas là, semble penser le ministre Lacroix. Il est vrai qu’une bonne partie des emprunts wallons ont été conclus sur le long terme et que c’est la part congrue qui pourrait être affectée par un renchérissement du crédit.
Il n’empêche, personne n’est à l’aise et on attend la prochaine visite des employés de l’agence de notation, vers la fin d’année, avec un peu de fébrilité.

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