Le gouvernement wallon veut régulariser ou fermer les lieux de culte clandestins

Suite aux événements tragiques des derniers jours, le gouvernement wallon a décidé de renforcer son plan de lutte contre le radicalisme. La 1ère mouture avait été présentée en janvier dernier, après les attaques contre Charlie Hebdo et un Hyper Cacher à Paris ainsi que le démantèlement d’une cellule djihadiste à Verviers.

En termes de prévention par exemple, l'enveloppe complémentaire de 10 millions d’euros prévue pour le fameux parcours d'intégration bientôt obligatoire pour tous les étrangers qui s'installent en Wallonie sera encore gonflée de 4 millions.

Les moyens prévus pour le politique des grandes villes seront également accrus de 5 millions, avec un accent particulier mis sur Verviers et Mouscron.

De nouvelles formations à la détection des comportements radicaux seront encore proposées à une partie du personnel du service public de Wallonie et des organismes d’intérêt public.

Mais l'exécutif régional entend aussi agir sur les lieux de culte potentiellement suspects.

Cadastre et transparence de financement

Le gouvernement wallon souhaite réaliser un cadastre des lieux de culte, pour détecter et peut-être fermer ceux qui demeurent non-reconnus voire clandestins. "La Région n’a pas de compétences pour reconnaître ou pas un culte, pas davantage pour sanctionner un ministre du culte susceptible de radicaliser des personnes fragiles, reconnait le ministre-président wallon Paul Magnette (PS). Par contre, les lieux de culte relèvent des compétences des régions et des communes. Donc si nous pouvons fermer certains lieux qui ne présentent pas les conditions de sécurité ou de salubrité nécessaires, ce sont des moyens que nous devons actionner en compléments de ceux dont dispose le fédéral pour éviter que des espaces clandestins deviennent des foyers de radicalisation".

Le gouvernement wallon annonce aussi qu’il travaille à un durcissement des critères de reconnaissance des lieux de culte. Cela concerne le respect des valeurs démocratiques, l’usage du français dans tous les actes administratifs, ou encore les capacités de gestion des responsables. Mais ça vise aussi une exigence de transparence dans les sources de financement. L'aspect le plus touchy...

Objectivement, la marge de manœuvre régionale est étroite en matière de lutte contre le radicalisme. Les aspects sécuritaires relèvent prioritairement du fédéral, le volet prévention principalement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (via l'enseignement ou l'aide à la jeunesse par exemple). Mais la Wallonie dispose néanmoins de certains leviers.

Dans ce domaine sensible peut-être plus que dans beaucoup d'autres, il y a donc un devoir de bonne coordination entre niveaux de pouvoir.

 

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