Le gouvernement wallon réduit la durée d'octroi des certificats verts

Quelque 79 000 installations sont concernées, selon un communiqué du ministre de l'Energie Paul Furlan (PS), confirmant une première décision du précédent gouvernement sur laquelle Jean-Marc Nollet (Ecolo) avait été durement attaqué.

La réduction de 15 à 10 ans de la durée d'octroi des certificats verts (C.V.) doit permettre de diminuer de 12 à 13 millions le nombre de C.V. mis sur le marché pour la période 2018-2027, soit une économie de plus de 780 millions d'euros pour l'ensemble des consommateurs wallons.

Elle avait été rendue nécessaire par le succès mal contrôlé du régime Solwatt, qui se répercutait sur la facture d'électricité de tous les ménages wallons.

Mais de nombreux propriétaires de panneaux, furieux de voir le gouvernement "revenir sur sa parole" selon eux, ont annoncé de longue date leur intention de contester l'arrêté en justice, dans une bataille judiciaire qui pourrait s'avérer longue.

Réunis au sein d'associations telles que TPCV (Touche pas à mes certificats verts), ils mettent en avant les investissements qu'ils ont réalisés en se fondant sur un revenu basé sur 15 années de C.V.

Le gouvernement, quant à lui, justifie sa décision par la nécessité de mettre en balance les intérêts de 79.000 propriétaires d'installations et ceux de l'ensemble des ménages wallons, dont les bas revenus.

Il dit avoir "fait le choix de protéger l'ensemble des citoyens wallons tout en préservant la garantie de rentabilité à ceux qui ont investi dans le photovoltaïque".

Cette rentabilité minimale est de 7%, selon l'exécutif, qui se fonde sur des calculs de la CWaPE, le régulateur wallon de l'énergie.

Quelques installations pourraient toutefois descendre sous les 7%. Le gouvernement leur réserve la possibilité d'introduire un dossier individuel de régularisation qui sera soumis à un groupe d'experts. Paul Furlan dit garantir "dans tous les cas que le taux de rentabilité de 7% sera maintenu".

Les installateurs, de leur côté, ont exprimé "leur profond désarroi", car l'arrêté pris jeudi "entretient la méfiance des investisseurs et, par conséquent, la crise du secteur", selon un communiqué de la Confédération Construction wallonne (CCW) et de Fedelec, organisation professionnelle d'installateurs-électriciens.

Le budget des primes Qualiwatt - le nouveau régime de soutien qui remplace Solwatt - est loin d'être consommé, puisque en six mois, 265 dossiers recevables ont été reçus et 242 primes versées.

"Il est grand temps pour le nouveau gouvernement wallon de restaurer cette confiance et de communiquer positivement sur le plan Qualiwatt pour sauver" l'emploi de la filière, réclament les installateurs.

Mardi en commission du parlement wallon, le ministre avait évoqué un plan de communication au printemps prochain, "au moment où ce type de décisions se prennent chez les citoyens".


Belga

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