Gouvernement Michel: les faits marquants de la passation de pouvoirs

Gouvernement Michel: les faits marquants de la passation de pouvoirs
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Gouvernement Michel: les faits marquants de la passation de pouvoirs - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Tous les membres du gouvernement Michel ont prêté serment devant le Roi ce samedi matin. Le Premier ministre démissionnaire Elio Di Rupo a remis samedi midi les clés du 16 rue de la Loi à son successeur Charles Michel, lui souhaitant "bon courage" dans ses nouvelles tâches et "bon vent" pour sa nouvelle fonction.

Les prestations de serment ne sont ouvertes aux médias que depuis 1999 seulement. Avant cela, il fallait attendre aux grilles du Palais pour tenter de découvrir les visages des nouveaux ministres convoqués par le Roi. 

Le président du MR Charles Michel et son équipe gouvernementale (N-VA, MR, CD&V et Open Vld) ont prêté serment samedi dès 10h00 devant le roi Philippe, au Palais royal de Bruxelles, 139 jours après les élections.

Les quatorze ministres et quatre secrétaires d'Etat du nouveau gouvernement ont tous juré "fidélité au Roi, obéissance à la Constitution et aux lois du peuple belge".

Charles Michel a été le premier à énoncer la formule, dans les trois langues nationales, suivi de ses vice-Premiers ministres Kris Peeters (CD&V, Emploi, Economie, Consommateurs), Jan Jambon (N-VA, Intérieur, Grandes Villes, Régie des bâtiments), Alexander De Croo (Open Vld, Telecoms, Poste, Coopération au développement, Agenda numérique) et Didier Reynders (MR, Affaires étrangères et européennes, Beliris, Institutions culturelles).

Outre le Premier ministre Charles Michel qui a prêté serment dans les trois langues nationales, seuls cinq autres membres du gouvernement l'ont fait en néerlandais et en français: les vice-Premiers ministres Kris Peeters (CD&V), Alexander De Croo (Open Vld) et Didier Reynders (MR) ainsi que les ministres Koen Geens (CD&V) et Marie-Christine Marghem (MR, composante MCC).

Tous les autres ministres et secrétaires d'État ont prêté serment dans la langue de leur seule communauté linguistique, à commencer par le vice-Premier N-VA Jan Jambon.

Trois membres de la N-VA (Jan Jambon, Theo Francken et Steven Vandeput) ont en outre prêté serment en dressant les seuls index et majeur, dans un "V" qui n'a pas manqué de rappeler celui qui a symbolisé la campagne électorale du parti nationaliste (pour "verandering voor vooruitgang", le changement pour le progrès). Interviewé à ce sujet, Jan Jambon répond à une consœur: "Sincèrement j'ai fait ça par habitude. Il n y avait pas d'intention spéciale de ma part". 

A l'issue de la prestation de serment, le roi Philippe a adressé une brève allocution au gouvernement autour d'un verre de pétillant, à l'abri des caméras, avant la traditionnelle photo gouvernementale.

Peu auparavant, le Roi avait reçu en audience Charles Michel et accepté la démission du gouvernement d'affaires courantes d'Elio Di Rupo.

"Bon courage" et "bon vent"

"Nous avons fait le maximum pour que la passation de pouvoirs se fasse dans les meilleures conditions", a affirmé le président du PS au président du MR. En plus de la carte magnétique donnant accès à la chancellerie du Premier ministre, il lui a offert une bouteille de grand vin de Montepulciano d'Abruzzo, un vignoble des Abruzzes, la région d'Italie dont sont originaires les parents d'Elio Di Rupo.

Charles Michel a remercié le Premier ministre sortant pour la manière dont cette passation de pouvoirs se déroulait, le félicitant au passage pour le "dynamisme" et la "motivation" dont l'ancien chef d'équipe gouvernementale a fait preuve, dans un exécutif où les partis des deux hommes étaient associés.

"Je ferai de mon mieux pour mériter cette fonction", a ajouté le nouveau Premier ministre, remettant à son prédécesseur une boîte de chocolats belges et un livre d'art de l'architecte portugais Alvaro Siza.

La cordialité du moment tranchait avec les propos des derniers jours. Elio Di Rupo avait en effet estimé jeudi que Charles Michel n'aura "pas le statut de Premier ministre de la Belgique tout entière" parce que son poste est compté sur le quota des ministres francophones. Le MR avait qualifié cette attaque de populiste et susceptible de diviser les Belges.

14 ministres et quatre secrétaires d'État

On connait l'intégralité du gouvernement de Charles Michel depuis ce vendredi. Les négociations ont été dures entre les partis de la coalition. Finalement, l'équipe est composée de 14 ministres et de quatre secrétaires d'État.

Six ministres côté francophone, pour le MR. Plus le Premier Ministre. Les trois partis flamands se partagent alors le reste. Une apparente parité linguistique, donc. Dans le nombre en tout cas, car outre le poste de Premier et celui des affaires Étrangères pour Didier Reynders, toutes les fonctions régaliennes reviennent aux partis flamands.

Chez les vice-Premier, le N-VA Jan Jambon hérite de l'Intérieur, Kris Peeters pour le CD&V de l'Emploi et l'Économie et le libéral flamand Alexander de Croo des Entreprises publiques.

Pour le reste, le partage reflète le rapport de force. La N-VA obtient les fonctions souhaitées, avec trois ministres et deux secrétaires d'Etat. L'Intérieur, donc, mais aussi les Finances, la Défense, l'Asile et migration pour le peu souple Théo Francken. Ainsi que la Lutte contre la fraude et la pauvreté.

Pour le CD&V en plus de l'Emploi et l'Economie, le parti obtient la Justice pour Koen Geens. Et Pieter De Crem se déplace au commerce extérieur. La populaire Maggie De Block pour l'Open VLD hérite de la Santé et des Affaires sociales.

Chez les libéraux francophones, des portefeuilles plus périlleux. Le Budget, pour Hervé Jamar. La Mobilité, et ses dossiers bouillants du survol de Bruxelles et du rail pour la bourgmestre de Jurbise Jacqueline Galant. Marie-Christine Marghem reçoit l'Energie, et donc le risque de pénurie d'électricité, cet hiver. Daniel Bacquelaine, les Pensions, c'est-à-dire aussi le recul de deux ans de l'âge de l'accès à la retraite.

Le prix à payer, dit-on, des postes de Premier et des Affaires étrangères. Enfin un constat: les femmes sont nettement minoritaires: trois ministres une secrétaire d'Etat, sur 18 postes. Dont deux pour les libéraux francophones.

RTBF

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