Le gouvernement impose le service minimum aux TEC: une mesure stupide pour les syndicats

Sanctionner les grèves sauvages et assurer un service minimum pour les TEC lors des grèves: c’est l’objet de deux textes discutés ce mercredi au Parlement wallon.
Le MR en fait une priorité depuis longtemps. Étant désormais au pouvoir, il s'empresse de légiférer en ce sens avec l’appui enthousiaste du cdH qui n’avait jusqu’ici jamais réussi à imposer cette mesure.

Décret symbolique

C’est donc une décision emblématique pour les deux partis de la nouvelle majorité: lors de grèves, ils veulent maintenir la circulation sur certaines lignes avec les chauffeurs qui, 24h avant l’action, se déclareraient prêts à travailler.
Le cdH Dimitri Fourny parle de victoire contre les syndicats. "De plus en plus, dit-il, on entend des gens qui disent : on veut aller travailler mais on est pris en otage par nos organisations syndicales. Ici, les syndicats ne pourront pas s’y opposer."

Quel service minimum?

L’idée, c’est de placer les chauffeurs disponibles sur des lignes prioritaires: celles des écoles et hôpitaux. Impraticable, dit l’opposition. La plupart des lignes passent soit devant une école, soit devant un hôpital.
Pour l’Écolo Matthieu Daele, "au final, cela reviendra à faire tourner les bus sur pratiquement tout le réseau mais avec moins de véhicules et donc sans pouvoir charger tout le monde."

Mesure électoraliste

Le PS abonde dans le même sens. Pierre-Yves Dermagne ne voit dans les mesures que des gesticulations politiques à la veille d’échéances électorales. Ça ne changera rien par rapport à la situation actuelle, selon lui. D’ailleurs, dit-il, "l’ancien directeur des TEC l’a déjà expliqué: on peut bien inscrire le service minimum dans le contrat, ça ne changera rien au quotidien pour celles et ceux qui prennent le bus (NDLR en temps de grève)."

De l’huile sur le feu

Les syndicats prennent très mal ces dispositions. Mesure stupide, dit Bruno Belluz, secrétaire permanent CSC services publics. "Elle risque de multiplier des conflits qu’on avait réussi à réduire." C’est, plaide-t-il, à contre-courant du dialogue social qui est le seul à même de vraiment faire rouler les bus.

Mais ce n’est pas ainsi que la majorité l’a entendu puisqu’en soirée, elle a adopté son décret.

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