Le gouvernement flamand déchiré après le feu vert au projet Uplace

Le gouvernement flamand déchiré après le feu vert au projet Uplace
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Le gouvernement flamand déchiré après le feu vert au projet Uplace - © Tous droits réservés

Les réactions ont fusé après l'approbation par la ministre flamande de l'Environnement, Joke Schauvliege (CD&V), du permis d'environnement délivré aux promoteurs du projet de mega-centre commercial Uplace, à Machelen, en lisière de Bruxelles. C'est la bisibille au sein de la majorité flamande, on est critique du côté bruxellois.

Au sein même du gouvernement, la vice-présidente sp.a, Ingried Lieten, a parlé d'une décision "incompréhensible". "Il s'agit d'une décision personnelle de la ministre Schauvliege, pas d'une décision du gouvernement. Compte tenu de tous les avis négatifs, je ne comprends pas cette décision", a-t-elle déclaré.

Le président du sp.a, Bruno Tobback, a dit craindre des procédures juridiques qui dureront des années. Il s'attendait à un autre choix de Joke Schauvliege. "Il y avait une longue liste d'avis négatifs des acteurs concernés. Au moins quelques-uns parmi eux iront en recours de la décision", a-t-il prédit.

Dans les rangs du CD&V, certains n'ont pas caché leur déception, dont le bourgmestre de Vilvorde, Marc Van Asch. Sa commune devrait d'ailleurs introduire un recours au Conseil d'Etat.

Le député flamand Tom Dehaene, président du CPAS de Zemst, a quant à lui évoqué une "catastrophe pour la qualité de vie et la mobilité dans la région". Comme plusieurs associations flamandes de l'environnement, il évoque lui aussi un recours au Conseil d'Etat.

La province de Brabant flamand introduira aussi un recours au Conseil d'Etat

La députation de la province du Brabant flamand a pris jeudi la décision de principe d'introduire un recours au Conseil d'État contre la décision de la ministre flamande de l'Environnement.

La députation provinciale avait déjà refusé en septembre de l'an dernier un permis d'environnement, mais le promoteur avait fait appel de cette décision auprès de Joke Schauvliege.

"Nous restons conséquents dans notre attitude envers ce projet", a affirmé le député provincial Jean-Pol Olbrechts (CD&V), compétent pour l'environnement. Il a rappelé les différents refus de la province aux étapes précédentes de la procédure, notamment par craintes de graves problèmes de mobilité.

"C'est, à cet endroit, un mauvais projet", a souligné Jean-Pol Olbrechts, reprochant à Joke Schauvliege de minimiser les conséquences sur le trafic routier dans toute la région. Et les investissements envisagés pour les transports en commun, comme de nouvelles lignes de tram, n'ont pas encore été décidés, a-t-il ajouté.

Charles Picqué déplore le manque de concertation

Le ministre-président bruxellois, Charles Picqué, a une nouvelle fois déploré jeudi qu'il n'ait pas été possible d'organiser une concertation entre les Régions flamande et bruxelloise pour définir les modalités d'amélioration de l'offre commerciale au nord de la capitale.

"Le projet Uplace est sorti des tiroirs après les études que nous avions menées au sujet du déficit de l'offre commerciale au nord de Bruxelles. Nous avons déjà déploré le manque de concertation dans le cadre du plan de développement stratégique de la Flandre pour la zone entourant Bruxelles", a commenté le ministre-président bruxellois.

Pour lui, il est un peu tôt pour dire si la délivrance du permis d'environnement influencera le processus en cours pour le projet "Neo" sur le plateau du Heysel. Le centre commercial envisagé à cet endroit est toutefois de taille plus modeste puisqu'au stade actuel, il est prévu de lui réserver un maximum de 72.000 m2, un chiffre que M. Picqué compare avec le "gigantisme" du projet Uplace.

"Si l'on fait abstraction du fait que l'on est Bruxellois ou de Flandre, en tenant compte du fait que la Ville de Bruxelles veut redynamiser le pôle commercial de la rue Neuve, plusieurs éléments démontrent que le dossier est plus simple à concrétiser au Heysel. Il n'a ainsi pas été prévu de lui adjoindre des bureaux et la desserte en transports en commun existe déjà".

M. Picqué a par ailleurs souligné que le projet de centre commercial au Heysel était déjà inscrit il y a quelques années dans le Plan de Développement International de Bruxelles, où il a été conçu dans l'optique de faciliter le financement du Centre international de Congrès.

Belga

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