Les premières mesures fiscales ont été adoptées, place aux pensions

Vincent Van Quickenborne, ministre des Pensions (Open-VLD) et Joëlle Milquet, ministre de l'Intérieur (cdH)
Vincent Van Quickenborne, ministre des Pensions (Open-VLD) et Joëlle Milquet, ministre de l'Intérieur (cdH) - © ERIC LALMAND (archives belga)

Le gouvernement Di Rupo a donc décidé de passer en force sur la réforme des pensions. Sa marge de manoeuvre était de toute façon très étroite mais un ministre du gouvernement symbolise cette réforme: le libéral flamand Vincent Van Quickenborne. Pour son parti, l'enjeu est important. En attendant un premier vote eu lieu ce mardi.

La commission des Finances de la Chambre a approuvé lundi soir une série de mesures fiscales de l'accord du gouvernement Di Rupo, au moyen d'amendements au projet de loi portant dispositions diverses, comme ce fut le cas pour la réforme des pensions.

Ont notamment reçu le feu vert des députés en commission la suppression des mesures d'économie d'énergie (à l'exception de l'isolation des toitures), la nouvelle formule de calcul de l'avantage fiscal sur les voitures de société ou encore la fin des réductions à l'achat de voitures dégageant peu de CO2.

Certaines mesures bénéficient d'un régime transitoire. Les députés ont également approuvé les mesures concernant le précompte mobilier de 21 pc sur les revenus de dividendes et d'intérêts, l'imposition de 4 pc sur les revenus des dividendes et intérêts dépassant 20.000 euros. L'exonération sur les livrets d'épargne et le régime sur les bons d'État sont quant à eux maintenus.

En matière d'intérêts notionnels, le projet prévoit une réduction de 3,6 à 3 pc de l'avantage fiscal. L'instauration d'une TVA sur les services notariaux et d'huissiers, les accises sur les cigarettes et le tabac à rouler, la taxe sur les opérations de bourse et celle sur la conversion des titres au porteur ont également été approuvées. Le projet devrait passer en plénière jeudi ou vendredi.

Les pensions, gros enjeu électoral

Reste que le gouvernement a donc décidé de faire un passage en force sur les pensions. Et là, ça grince des dents.

On le sait, en Flandre, l'ombre de la N-VA plane sur tout le paysage politique. Cd&V et Open-VLD voient leur électorat littéralement siphonné par la N-VA au point que le parti de Bart De Wever pèserait près de 40% des voix flamandes.

Il y a donc une espèce de surenchère dans le chef de ces deux partis à démontrer qu'ils peuvent faire aussi bien que la N-VA autant sur le plan communautaire que sur le plan économique et social.

La N-VA a d'ailleurs indiqué que la réforme des pensions allait dans le bon sens.

Vincent Van Quickenborne a conforté son image, quitte à sacrifier le dialogue social qui a construit la Belgique depuis 60 ans.

Finalement, cela arrange tous les partis de la majorité

Le ministre libéral des pensions n'a pas été désavoué. Laurette Onkelinx et Joëlle Milquet ont répété à l'issue du kern, du conseil des ministres restreint lundi, qu'il fallait faire vite, qu'il y avait d'énormes déficits à combler.

Et c'est vrai qu'en 541 jours de crise politique, la Belgique a perdu du temps. Il ne fallait pas non plus laisser la contestation s'installer. Une des plus grosses réformes des pensions sera imposée sans concertation, brutalement. Même les députés de la majorité n'étaient pas au courant des mesures imposées.

C'est sans doute le prix à payer d'une trop longue crise politique qui a bloqué toute décision et surtout pour rassurer les agences de notation.

Philippe Walkowiak avec Belga

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK