Le futur de l'Avenir au Parlement wallon

La gestion des Éditions De l'Avenir est dans les mains de Nethys depuis fin avril 2014
La gestion des Éditions De l'Avenir est dans les mains de Nethys depuis fin avril 2014 - © NICOLAS LAMBERT - BELGA

Ce jeudi après-midi, une réunion exceptionnelle se tient à Namur. Elle rassemble les députés de deux parlements : ceux de la commission de l’Économie et de l’Emploi de la Région wallonne et ceux de la commission des Médias de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Au menu, un seul point : la situation préoccupante des Éditions De l’Avenir. Le quotidien est en effet promis à une profonde restructuration qui passe par un licenciement massif de 25% du personnel.

Mauvaise gestion

Le sort des Éditions De l’Avenir préoccupe depuis des mois. Le personnel du journal a de nombreuses fois attiré l’attention sur la gestion défaillante de son propriétaire, Nethys, une des branches de Publifin. Aujourd’hui, tous les partis poussent le gouvernement wallon à prendre le dossier en mains. Il en a la capacité puisqu’il exerce une tutelle complète sur le propriétaire public.

Quelle issue?

A ce jour, deux solutions sont évoquées. La première, c’est un "portage" par la Région wallonne. Derrière ce mot, il faut comprendre qu’un organisme régional deviendrait temporairement propriétaire des Éditions De l’Avenir, le temps d’y voir plus clair puis de transmettre à un autre acteur privé. Mais ce plan n’a pas les faveurs du ministre MR Pierre-Yves Jeholet.

L’autre voie, c’est l’offre formulée par IPM, l’éditeur de la DH et de La Libre Belgique de racheter. Mais là, c’est Nethys qui a catégoriquement rejeté l’idée, qui rappelle par ailleurs qu'IPM s'est contenté de proposer son offre par via la presse, sans "qu'aucune proposition officielle de rachat du journal L'Avenir" n'ait été déposée. "Dans le cadre du Droit des Sociétés, il leur est difficile d’accepter qu’une déclaration par voie de presse puisse être retenue comme une démarche normalisée et respectueuse en vue de se porter éventuellement acquéreur d’une activité, ou d’une structure sociétaire", déclare Nethys dans un communiqué.

Le gouvernement hésite toujours

Comme pour d’autres dossiers qui concernent Publifin, avec les Éditions De l’Avenir, l’exécutif marche sur des œufs. Le ministre-président Borsus a déclaré vouloir obliger Nethys à préciser ses plans avant la fin d’année. Et, comme tout le monde, il souhaite examiner toutes les voies susceptibles de s'ouvrir devant les Éditions De l'Avenir y compris celle d’un adossement au groupe IPM.

Besoin d’un décision urgente

On conviendra qu’il n’y a guère d’audace dans le propos à moins que ces paroles balsamiques ne cachent une diplomatie discrète. Or, à ce moment-clef de son histoire, le personnel des Éditions De l’Avenir attend surtout de la détermination du monde politique. Au-delà de l’existence d’un journal de qualité, tous soulignent aussi que c’est le pluralisme de la presse francophone qui est en danger. Si rien n’est entrepris, l’Avenir risque en effet de tomber sous peu dans le panier de son seul vrai concurrent sur l’actualité régionale, SudPresse du groupe Rossel.

Auditions

Les patrons de presse de Rossel, IPM, Roularta, RTBF et EDA viendront donc ce jeudi éclairer les débats. La direction de L’Avenir n’aura pas seule voix au chapitre pour parler du quotidien: les représentants du personnel, de la rédaction ainsi que de l’Association des Journalistes Professionnels témoigneront également.

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