Le fédéral met le musée de Tervuren à la diète, la Flandre le subsidie

Le fédéral soumet le musée de Tervuren à la diète, la Flandre le subsidie
Le fédéral soumet le musée de Tervuren à la diète, la Flandre le subsidie - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Les institutions culturelles et scientifiques sont touchées, parfois de plein fouet, par les mesures d'économies décidées par le gouvernement Michel. La Flandre, elle, malgré son propre plan d’économies, a décidé de conserver des sous pour investir dans "quelques perles" et de se substituer en quelque sorte au fédéral. Un exemple: le musée royal d’Afrique centrale de Tervuren.

Décembre 2013, le Musée royal de l'Afrique centrale de Tervuren fermait ses portes pour trois années de travaux de rénovation. Le bâtiment datant du début XXème n'était plus adapté à la vie d'un musée moderne. Mais au-delà du musée, de ses collections, il y a l'institution, des chercheurs, des spécialistes mondiaux, un pôle d'excellence et de connaissance sur l'Afrique. Un pôle d'excellence que le gouvernement Michel a promis de soumettre à la diète, comme d'autres institutions culturelles fédérales: il aura un million de moins par an.

Mais dans le même temps, on apprend que côté flamand, le ministre du tourisme Ben Weyts (N-VA) a décidé d’accorder un subside de 547 000 euros pour le futur nouveau pavillon d’accueil du musée, et ce au nom, dit-il, d’une politique de promotion des "perles touristiques" de la Flandre. Hasard? Pas forcément selon Philippe Mettens, président de la politique scientifique fédérale. 

"Je peux comprendre, comme Tervuren est située en territoire flamand, que le gouvernement flamand estime qu'il s'agit d'un enjeu en termes de développement touristique", dit-il en ajoutant toutefois avoir "du mal à ne pas mettre deux éléments en parallèle: d'un côté une décision du fédéral d'asphyxier Tervuren en lui retirant un million d'euros alors que de l'autre le gouvernement flamand offre 550 000 euros de subventions".

De là à voir, derrière des décisions politiques justifiées par le retour à l'équilibre budgétaire, un agenda communautaire caché - avec régionalisation rampante d'institutions culturelles bientôt cogérées par les régions et transfert vers la Flandre, à terme, de la gestion totale de Tervuren comme cela a été finalement le cas pour le jardin botanique de Meise -, il n'y a qu'un pas.

Quoi qu'on en dise, le communautaire n'est jamais loin.

Fabien Van Eeckhaut

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK