Le fédéral prend 250 mesures pour préparer un Brexit qui nous coûtera cher

Conseil des ministres spécial Brexit ce jeudi matin : autour de Charles Michel et de ses ministres, Xavier De Cuyper, administrateur général de l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS), Herman Diricks, administrateur délégué de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA), Hans Geeroms, conseiller de la Banque nationale de Belgique sur les questions européennes et Kristian Vanderwaeren, administrateur général des douanes et des accises au SPF Finances.

Le Brexit, pour les autres Etats membres de l'Union, c'est un casse-tête administratif, législatif, budgétaire, sans équivalent depuis des années. L'incertitude politique outre-Manche ne fait que rajouter du chaos à une situation tout sauf simple. Pour tenter de maintenir le cap, le gouvernement fédéral a présenté une série de mesures censées faciliter les choses de ce côté-ci du Channel. 


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Les Britanniques protégés provisoirement

Jusqu'au 31 décembre 2020, les droits de séjour et à la sécurité sociale des ressortissants britanniques et des membres de leur famille sont prolongés. Des mesures similaires sont prises pour les avocats, les policiers, dans le secteur de la sécurité privée, dans la finance, ou encore en matière d'emploi. En matière de fiscalité, un "stand still" a été voté à la Chambre. Cela signifie que le Royaume-Uni sera considéré comme faisant partie de l'Union du point de vue fiscal jusqu'à la fin de l'année. 

Deal or not: la Belgique s'adaptera

Mi-janvier, le Conseil des ministres s'était entendu sur une série de points budgétaires concernant l'engagement de personnel. En cas de Brexit sans accord (avant le 12 avril), la Belgique engagera 15 millions d'euros (20 millions en 2020) dans le recrutement de près de 650 personnes : l'AFSCA accueillera 300 équivalents temps-plein, les Douanes 245, la police fédéral 40, l'agence des médicaments 26, etc. En cas de "deal" entre l'Union et la Grande-Bretagne, la facture sera ramenée à 12,5 millions et 455 équivalents temps plein. Depuis janvier, il a été décidé d'augmenter encore les engagements d'agents de douanes : au total 386 seront sur le pont.

Pourquoi ces engagements ? La police s'attend à une forte augmentation du trafic marchandises et des embouteillages au départ de Zeebruges et à la frontière française. Le Brexit va entraîner une augmentation de la surveillance et du contrôle de la migration de transit, autour de Zeebruges. L'agence des médicaments engage du personnel pour assurer la disponibilité des traitements provenant du Royaume-Uni. Quant à l'AFSCA, il s'agira de gérer le surcroît de contrôles des importations et des exportations vers un pays non-membre de l'UE.

Impact direct sur les Belges: pouvoir d'achat, vote lors des élections

20.000 Belges habitent au Royaume-Uni. La sortie de l'Union annule les élections européennes outre-Manche, la Belgique doit donc organiser le vote de ses ressortissants pour le scrutin européen.

Au niveau économique, le professeur Hans Geeroms, de la Banque nationale, estime l'impact d'un "hard Brexit" à 0,9% du PIB de la Belgique (soit un impact d'environ 4 milliards sur l'économie belge). Le pouvoir d'achat sera également touché : entre 0,4% et 2,5% selon ce professeur de la KUL. 

Pour Charles Michel, le risque d'un Brexit sans accord est "réel". Le Premier ministre pense qu'un sommet extraordinaire sera organisé la veille du 12 avril, dernière date prévue pour le Brexit.

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