Le drame de Buizingen a pris une tournure politique

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Un kern s'est tenu mercredi soir dans la discrétion, avec pour objectif de faire le point après l'accident de train de lundi. Le Premier ministre a annoncé qu'une cérémonie d'hommage aurait lieu dans quelques jours. Les responsables devront s'expliquer au Parlement.

Le Premier ministre a fait savoir que la Ministre des Entreprises publiques, Inge Vervotte a demandé des informations à une instance indépendante. Un rapport sur la gestion du dossier de la sécurité à la SNCB sera prêt dans quelques jours a dit le Premier ministre, Yves Leterme, qui annonce aussi qu'une cérémonie d'hommage aura lieu dans les prochains jours.

Les responsables sont convoqués

Les trois patrons du rail, mais aussi la ministre des Entreprises publiques, Inge Vervotte, ont été convoqués. Ils seront lundi après-midi devant la Commission "Infrastructure" de la Chambre. Ils vont devoir se justifier, expliquer ce qui a été fait en matière de sécurité depuis le drame de Pécrot en 2001. Mais il n'est pas question de précipitation comme le souhaiteraient certains partis flamands de l'opposition, Groen! et N-VA qui demandent une commission d'enquête.

Ecolo, en revanche, demande du temps à quoi les partis de la majorité répondent "non", ou, du moins, pas tout de suite. C'est la position du MR qui attend de voir la réunion de lundi. Si des zones d'ombre subsistent, alors sans doute. Le cdH n'est pas opposé mais préfère lui aussi attendre. Même attitude à l'Open VLD.

Le PS demande pour sa part de la décence et surtout pas de surenchère politique. Il faut faire confiance en la justice et si la justice devait faillir, alors sans doute...

Il faut du courage

Verra-t-on la mise sur pied d'une commission d'enquête parlementaire chargé de vérifier si tout a été fait pour renforcer la sécurité sur le réseau ferroviaire ? Lundi, en tout cas, les 3 patrons actuels de la SNCB s'expliqueront en commission infrastructure de la Chambre. Pour certains, il faut aller plus loin et mettre sur pied une commission d'enquête. Cette idée ne fait pas vraiment l'unanimité.

François Bellot, le président MR de la Commission infrastructure de la Chambre, est plutôt pour. Pour lui, il faut faire la clarté : "Moi, j'entends la déclaration des uns et des autres, c'est la faute à personne. A un moment donné, il faut du courage et, jusqu'à présent, je n'ai pas entendu la moindre personne dire : nous nous excusons au nom de la SNCB et nous nous excusons au nom de l'Etat belge par rapport à cette situation."

Dans le même temps, il se pose beaucoup de questions: "Il faut maintenant mettre la vitesse supérieure. La SNCB, à partir de 2002-2003, s'est vue contrainte d'adopter des mesures de sécurité et puis il y a eu une forme d'attentisme pour des raisons techniques apparemment".

Cela veut-il dire que ce sont les responsables de la SNCB qui n'ont pas fait leur travail ? "Les responsables au sens large du terme, oui. Maintenant, il est extrêmement difficile d'aller pointer une époque ou une personne ou des dirigeants", répond François Bellot.

Il s'interroge aussi sur le rôle joué par les dirigeants de la SNCB dans les années 90. Et à l'époque, le patron de la SNCB, c'était Etienne Schouppe, l'actuel secrétaire d'Etat CD&V à la mobilité. Voilà une source possible de tensions.

Le CD&V en effet veut attendre, non seulement lundi, mais aussi les résultats d'une enquête interne.

La ministre des Entreprises publiques, Inge Vervotte, a écrit une lettre au Service Sécurité et Interopérabilité Ferroviaire, le SSIF, l'autorité de sécurité pour le transport ferroviaire. Elle est  chargée de livrer une vision objective de toutes les mesures de sécurité prises depuis 99.

C'est après ce rapport que le CD&V pourrait donner son avis.

 

M.S. avec Michel Lagase et Marc Sirlereau

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