Le don de sang autorisé pour les homosexuels... s'ils s'abstiennent sexuellement pendant 12 mois

Arc-en-Ciel Wallonie, la fédération wallonne des associations de lesbiennes, gays, bisexuel(le)s et transgenres, déplore vendredi l'abstinence de 12 mois imposée aux homosexuels masculins qui veulent donner leur sang, quelques heures après que la Chambre a approuvé une loi autorisant dorénavant celui-ci sous strictes conditions. Selon elle, une période d'écartement de quatre mois ou maximum de six mois parait tout-à-fait défendable.

Depuis 1985 et jusqu'à hier, les homosexuels masculins étaient interdits de donner leur sang, à la suite de l'apparition du VIH, responsable du SIDA. Ils peuvent désormais le faire, mais à condition de s'abstenir de toute relation sexuelle durant 12 mois, dénonce Arc-en-Ciel Wallonie.

"Un sommet d'hypocrisie"

Pour l'organisation, la ministre de la Santé Maggie De Block (Open VLD) n'est pas parvenue à revoir de façon audacieuse les critères d'exclusion du don de sang comme elle s'y était engagée. "Pas d'audace, pas d'avancée, mais bien un sommet d'hypocrisie. Les gays resteront frappés par cette interdiction infamante à moins que durant toute l'année qui précède ils renoncent à tout contact sexuel", fustige-t-elle ainsi.

La Cour de Justice de l'Union européenne avait formulé des conditions strictes à la limitation d'une liberté fondamentale, rappelle Arc-en-Ciel Wallonie. Il fallait notamment justifier dans une loi une différence de traitement vis-à-vis d'un critère protégé par la Charte des droits fondamentaux. Ce qui a été fait. L'exclusion à vie n'était en outre pas justifiée, selon la Cour, au regard du critère de proportionnalité.

"Autant dire que la loi adoptée hier assure un service minimum pour mettre à la Belgique à l'abri du regard scrutateur de la Cour de Justice de l'UE. Pas de tentative d'améliorer le questionnaire pré-don pour éviter de stigmatiser tout un groupe plutôt que les réels comportements à risque, pas de différenciation de la période d'exclusion en fonction du produit sanguin (comme par exemple en France où le don de plaquettes est autorisé), pas d'intention d'usage du sang récolté à des fins scientifiques comme d'aucuns l'auraient espéré", énumère la fédération.

D'autres propositions

Arc-en-Ciel Wallonie rappelle les propositions qu'elle a soumises ces dernières années, évoquant le retravail du questionnaire pré-don, la définition de ce qu'est un contact sexuel, comme au Royaume-Uni où ne sont visées que les pénétrations anales et orales.

"Si le gouvernement compte sur la complicité des associations LGBT pour faire passer le message d'un bon respect de ces nouveaux principes par la population gay, ce sera sans nous", prévient l'organisation.

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