Le domicile de Jean-Charles Luperto perquisitionné ce dimanche

Lors d’un point presse organisé peu avant 23h00, le procureur du roi de Namur s’est refusé à toute révélation sur le fond de l’affaire, précisant que des devoirs d’enquête complémentaires auraient encore lieu ce lundi.

Il a simplement été précisé que les faits ne sont pas liés aux mandats politiques de Jean-Charles Luperto. On a également appris au cours de cette conférence de presse qu’il s’agissait d’un dossier en cours d'instruction depuis plusieurs mois. Une première plainte a été déposée en avril dernier et il y en a eu quatre au total. Le juge d'instruction en charge de l'enquête, Philippe Olivier, a dès lors décidé de procéder à des perquisitions au domicile du mandataire.

Les policiers sont arrivés au domicile de Jean-Charles Luperto aux alentours de 17h00 et sont repartis vers 20h15. L'enquête est menée par la Police fédérale de Namur. 

Le député wallon revenait ce dimanche de l'assemblée générale de la Conférence des assemblées législatives des régions d'Europe qui se tenait en Espagne, à Saint-Jacques de Compostelle. Il y était avec une délégation du Parlement wallon.

D'autres perquisitions ont eu lieu au siège de l’administration communale de Sambreville, cette fois en présence du député bourgmestre mais également d’André Antoine, le président du Parlement wallon. La présence de ce dernier était requise pour des raisons de procédure liées au statut de parlementaire wallon de Jean-Charles Luperto.

Le site du groupe L'Avenir évoque des faits de mœurs et plus précisément d'exhibitionnisme auxquels l’élu namurois se serait livré dans les toilettes d’une aire d’autoroute à Spy, "devant des mineurs d'âge", toujours selon le site d'information. Cette information n'a encore été confirmée par aucune source officielle.

Rappelons que Jean-Charles Luperto n’est pas inculpé à ce stade et qu’il bénéficie de la présomption d’innocence.

 

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Des perquisitions en cours au domicile de Jean-Charles Luperto © I. Pesesse (RTBF)

Un parcours ascendant mais jamais de maroquin

Jean-Charles Luperto, 41 ans dans quelques jours, c’est depuis juillet 2009 l’homme du perchoir de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui alors s’appelait encore Communauté française. Ce licencié en journalisme et en criminologie s’était engagé très tôt au parti socialiste. Il était devenu attaché parlementaire du groupe à la Chambre dès 1999. Mais c’est sur le terrain local qu’il s’est fait connaître très rapidement. Il gravit progressivement les échelons : conseiller communal de Sambreville dès 1994, président de l’hôpital d’Auvelais (qu’il contribue à redresser financièrement), Premier échevin après les communales de 2000 et finalement bourgmestre depuis 2006. En 2012, il permet même au PS de se renforcer au niveau communal: majorité absolue de 18 sièges sur 29, en progrès.

Député wallon depuis 2004 - il est alors élu avec 17 000 voix de préférence-, on l’attendait ministre. Mais Jean-Charles Luperto a longtemps traîné une histoire de mauvaise blague téléphonique en 2007. Des accusations d’insultes et de menaces qui lui valent une plainte finalement retirée mais une procédure judiciaire qui suit son cours jusqu’à un non-lieu en 2009.

La même année, Elio Di Rupo en fait le président du parlement de la Communauté française. En 2014, il tire la liste régionale du PS à Namur et décroche encore plus de 15 000 voix. Un score qui lui permet de cumuler fonctions de député et de bourgmestre. Une nouvelle fois, on le voyait ministre. Le PS l’a pourtant confirmé à la Fédération.

RTBF

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