Le décollage de Venyo, la société belge qui construit des simulateurs de vol

Elle s’appelle Venyo. Ne cherchez pas, il n’y a rien à trouver derrière ce nom de cinq lettres, du moins au niveau d’une éventuelle signification. En revanche, l’histoire de cette jeune société wallonne mérite que l’on s’y intéresse.

C’est d’abord l’histoire d’un pari un peu fou que lancé par trois amis il y a dix ans, celui de s’inspirer d’une prévision – le futur besoin de pilotes – et d’un constat – la possibilité de réaliser une importante partie de la formation et de l’entraînement des pilotes sur un simulateur de vol fixe plutôt que sur un simulateur à vérin, ce que l’on appelle le "full flight simulateur", qui permet de faire bouger le cockpit comme celui d’un véritable avion. L’intérêt d’un simulateur fixe ? Cela coûte beaucoup moins cher.

L’idée, à priori, pouvait sembler un peu folle, mais dix ans plus tard, force est de constater qu’elle ne l’était pas du tout. Car après la première étape du prototype présenté en 2013 à l’incontournable salon aéronautique du Bourget, le projet est bel et bien en train de décoller, grâce aux certifications décrochées et à l’installation des deux premiers simulateurs de ce que les fondateurs de Venyo espèrent devenir une longue série.

Un précieux partenaire belge

Pour mener ce projet à bien, en fabriquant eux-mêmes un maximum de pièces et logiciels ("sans quoi nous aurions dû débourser des sommes pharaoniques " précise l’un des cofondateurs de la société), Venyo a pu compter sur l'aide de la Région wallonne mais aussi sur un partenariat avec la compagnie aérienne belge TUI Fly Belgium, notamment pour relever de précieuses données en vol qui ont permis de mettre au point le logiciel qui reproduit dans le simulateur les véritables comportements de l’avion.

C’est donc très logiquement que le premier simulateur installé dans les locaux d’une compagnie aérienne s’est retrouvé dans le grand hangar de TUI Fly Belgium sur l’aéroport de Bruxelles National. L’intérêt pour la compagnie aérienne est évident : cela permet d’une part de ne plus devoir envoyer ses pilotes à l’extérieur – et souvent à l’étranger – pour les séances régulières de simulateur (gain de temps) et cela revient aussi nettement moins cher, plus de la moitié nous a-t-on précisé chez TUI (gain d’argent). En outre, la compagnie compte aussi se servir de ce simulateur pour former les candidats pilotes de l’école de pilotes qu’elle vient de mettre sur pied.

Mais Venyo a aussi déjà séduit un centre de formation à Paris, ce qui permet donc aux responsables de la société de Gosselies de considérer que la phase industrielle se transforme désormais en phase commerciale, avec une perspective de croissance basée sur la livraison d’une cinquantaine de simulateurs dans les cinq prochaines années.

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