Le cours d'histoire: disparaîtra ou disparaîtra pas?

Un nombre important d’historiens et de professeurs d’histoire sont inquiets : ils se demandent si le pacte d’excellence ne va pas conduire à fusionner le cours d’histoire dans un vaste cours intégré, mêlant histoire, géographie, sociologie et économie politique. Bertrand Henne fait le point avec 3 intervenants dans Débats Première.

Le sujet a fait l’objet d’un article dans Le Vif L’Express de la semaine du 2 juin, qui met en exergue le malaise qui règne sur la situation actuelle des élèves, dont le niveau de culture historique serait en baisse selon certains professeurs. Y a-t-il donc un problème dans l’enseignement de cette matière qui conduirait à cet affaiblissement ? "Cet affaiblissement peut se mesurer à travers plusieurs constats posés par les enseignants eux-mêmes", répond Pierre Havaux, auteur de l’article du Vif L’Express. "Ils s’inquiètent de la perte de 'repères historiques', donc l’aspect chronologique de l’Histoire. Comme par exemple le fait de savoir si Napoléon vient avant ou après Hitler. Pour certains professeurs d’université, on en est là. Mais in fine, la question est de savoir si la culture historique de nos cadets est pire que celle de nos grands-parents, et ça, c’est impossible à mesurer puisqu’il n’existait, à l’époque, pas d’outils de mesure qui nous permettrait de comparer."

Un cours d'étude du milieu qui pose problème

Pour Anne Morelli, professeur d’histoire à l’ULB, il est clair qu’ "il y a de grosses lacunes chez les élèves et que la société nous demande de les combler en tant que prof d’histoire. Et au final, on voit que la réponse qu’on veut y apporter, c’est la suppression de ce cours. C’est assez paradoxal… On peut croire que c’est un manque de cours qui provoque ces lacunes, notamment dans l’enseignement catholique qui n’enseigne plus l’histoire en 1ère et 2ème secondaires, mais qui donne des cours d’ " étude du milieu ". Sauf que de nombreux professeurs d’étude du milieu se plaignent du fait que la formation des élèves en histoire débute seulement en 3e année."

Selon Jean-Michel Brogniet, au contraire, "quand le niveau baisse, il faut pouvoir l’établir scientifiquement. Des recherches ont été menées par l’ULg, qui montrent que l’introduction des compétences en 2001-2009 n’a pas occasionné une baisse des acquis culturels des élèves. 80 écoles avaient été testées auparavant et dans les mêmes écoles, on a retesté ces acquis culturels 7 ans plus tard. "

Pour ce professeur, l’intérêt du cours d’histoire est que l’élève puisse participer à la société, voire la transformer, en ayant été formé à ce cours. La question serait donc de voir si le cours en question remplit cette finalité. "Par ailleurs, j’ai lu les textes du Pacte d’excellence, et il n’est jamais question de la suppression du cours d’histoire", renchérit Jean-Michel Brogniet

Le débat sur le cours d'histoire dans son intégralité

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