Le couple accusé de liens avec Al Qaida blanchi

Patricia Vinck et Nabil Sayadi figuraient depuis 2003 sur la liste des groupes et sympathisants du réseau Al Qaïda et
des talibans établie par le comité des sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies.

"Toutes les mesures imposées contre Mme Vinck et M. Sayadi seront levées avec effet immédiat", a indiqué le chef de la diplomatie dans un communiqué, se félicitant de cette décision prise le 20 juillet par le comité des sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU contre Al Qaïda et les talibans.

"Concernant la levée du gel des avoirs en Belgique et dans le reste de l'Union européenne, une décision de mise en oeuvre par la Commission européenne

est encore nécessaire. Cette décision est attendue dans les jours à venir", a ajouté Yves Leterme.

La décision prise par le comité est l'aboutissement des démarches répétées auprès des délégations concernées, les décisions d'inscrire les noms d'individus et d'entités et de les radier étant prises par consensus des quinze membres du comité.

Demande continue depuis 2005

A la suite d'une décision de la justice belge en 2005, les autorités belges ont demandé "de manière continue" la radiation de ces deux noms, a souligné le ministre. La radiation intervient également dans le cadre du processus de réexamen des inscriptions que le comité a entamé fin 2008 conformément à la résolution

1822 du 30 juin 2008 et aux modalités développées à l'automne dernier sous présidence belge du Comité. L'objectif principal de ce processus de réexamen est de confirmer si l'inscription demeure appropriée ou pas, a rappelé le ministère des Affaires étrangères.

Depuis sept ans, le couple composé de Nabil Sayadi et de Patricia Vinck était interdit de voyage, n'avait pas accès à ses comptes en banque et vivait, avec ses quatre enfants, dans une maison de Putte (province d'Anvers) d'allocations sociales et d'aides de leurs amis.

Le 29 octobre dernier, le Comité des droits de l'Homme de l'ONU estimait que la Belgique a "le devoir" de faire radier le couple belge de cette liste établie par les membres du Conseil de sécurité de l'ONU.

Le Comité de Genève n'est pas un tribunal, mais les Etats qui ont signé le Pacte international relatif aux droits civils et politiques doivent respecter ses décisions.

Nabil Sayadi et Patricia Vinck n'ont jamais été poursuivis par la justice belge, ni pour terrorisme, ni pour blanchiment d'argent, avait récemment rappelé le journal La Libre Belgique. Les accusations contre le couple proviennent essentiellement de la police fédérale américaine (FBI), dans le cadre d'une enquête sur l'ONG Global Relief Foundation, et de l'Espagne, où le juge Baltasar Garzon avait fait, à l'époque, l'étalage des nombreux contacts que Nabil Sayadi avait noués dans la nébuleuse Al Qaïda.

Séjour à Peshawar

Ce Libanais, naturalisé Belge en 2001, a notamment séjourné dans les années 90 à Peshawar (nord du Pakistan), apparemment à l'invitation du Hezb-i-Islami, le mouvement islamiste radical de Gulbuddin Hekmatyar, soutenu à l'époque par les Etats-Unis dans leur lutte contre l'occupation soviétique de l'Afghanistan.

A Peshawar, Nabil Sayadi aurait côtoyé Oussama Ben Laden à la mosquée. Il aurait aussi fait la connaissance de Wadih El Hage, qui sera à partir de 1992 le secrétaire particulier du chef d'Al Qaïda. Nabil Sayadi s'était marié avec Patricia Vinck à Peshawar le 29 mai 1992.

Pour les enquêteurs belges, ces fréquentations ne signifiaient toutefois pas que le couple belge ait été impliqué dans le terrorisme.

(Belga)

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