Le coup de gueule du chef de la police de Molenbeek: "Nous faisons bien notre travail"

Le chef de la police de Molenbeek met les pendules à l'heure
Le chef de la police de Molenbeek met les pendules à l'heure - © Tous droits réservés

Le chef de zone de police Bruxelles Ouest est a priori un homme plutôt discret, mais lorsque Johan De Becker réagit aux critiques sur Molenbeek, commune dont il gère la police locale, ses mots sont forts, interpellants aussi. Pour lui aujourd'hui, ce dont il faut parler c'est d'un manque de moyen criant qui a des conséquences sur le terrain, dans la lutte contre le radicalisme.

Le commissaire met d’abord les points sur les i : dans sa zone, composée de 6 communes dont Molenbeek, on travaille dur et on travaille bien. La preuve en chiffres : " Nous faisons 60 000 interventions par an, procédons à 3000 arrestations par an avec 1000 personnes déférées au Parquet de Bruxelles. Donc nous faisons un travail formidable mais tout cela avec des moyens limités. La norme financière pour les zones de police n’a pas été revue depuis 12 ans ".

Le manque de moyens, c’est le nerf de la guerre pour ce commissaire, qui ne doit pas chercher bien loin ses arguments, "notre zone de police est confrontée a un déficit de 125 effectifs. Ces 125 policiers manquent cruellement au niveau de la police de quartier mais aussi dans les cellules spécialisées comme la cellule radicalisme, donc les spécialistes qui doivent travailler sur les dossiers. Or il faut savoir que dans le cadre du radicalisme, la police locale est chargée de rassembler des informations sur le terrain, car nous sommes les mieux placer pour cela "

Ainsi dans la zone Bruxelles ouest, les policiers récoltent des informations dans 117 dossiers liés au radicalisme. Pour l’ensemble des communes bruxelloises, ce chiffre grimpe à 574 dossiers. Difficile donc de ne pas s’interroger sur les conséquences de ce manque d’effectif, notamment sur la surveillance des frères Abdeslam. Aurait-on pu les suivre mieux ? Le chef de zone répond à demi-mot : "Je peux vous dire qu’à Molenbeek, il me manque 20 policiers de quartier et que ma cellule radicalisme devrait être développée. Pour prendre un exemple concret, est-il normal qu’un jeune de moins 25 ans qui n’a jamais travaillé possède deux maisons et une voiture que je ne pourrais pas me payer. Dans ce genre de cas, il faut permettre à la police locale de creuser, de vérifier et examiner une série de pistes. Et pour cela il faut des moyens. Il faut comprendre cela avant de nous pointer du doigt et dire qu’en Flandre et en Wallonie ça va, mais qu' à Bruxelles, ça ne va pas. "

Le commissaire insiste, la région bruxelloise a ses spécificités. Il rappelle qu’aujourd’hui aucune commune de Belgique ne doit gérer 574 dossiers liés au radicalisme, tout en gérant également près de 800 manifestations par an. Actuellement il manquerait environ 600 policiers pour remplir le cadre de la région bruxelloise.

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