Le nouveau corps de sécurité spécialisé: "un nuage de fumée" pour le SLFP Police

Le président du SLFP Police, Vincent Gilles
Le président du SLFP Police, Vincent Gilles - © KRISTOF VAN ACCOM - BELGA

Après l'annonce de Charles Michel de faire de la sécurité sa priorité pour la rentrée politique, Vincent Gilles, président du SLFP Police, a réagi aux différentes mesures proposées.

Le Premier ministre souhaite accentuer le recours aux caméras de surveillance et l'accès aux caméras privées par les services de polie, une idée qui convainc Vincent Gilles: "La démonstration est faite, nous avons pu détailler avec grande précision le parcours du seul terroriste de Zaventem grâce à cet accès (aux images des caméras de surveillance) que nous avons eu. L'institutionnaliser et le baliser de manière légale est une bonne chose."

"On peut comprendre un spray ou une matraque rétractable, mais aller au-delà nous parait dangereux"

Autre point du plan proposé par Charles Michel, l'élargissement des compétences des agents de sécurité afin de leur permettre, par exemple, de fouiller des sacs. "Nous disons 'Pourquoi pas', mais nous disons attention aussi au fait que la police est un pouvoir régalien et que de ce fait elle a des compétences de coercition comme les arrestations, les perquisitions. Ces compétences doivent impérativement rester policières. D'autre part, nous sommes contre l'armement (avec des armes à feu) des agents. Nous considérons que ce n'est pas du tout utile", précise le président du SLFP Police.

Pour lui, l'utilisation d'armes non létales telles que les tasers par des agents de sécurité doit également faire l'objet de beaucoup de prudence : "Au niveau de l'armement des services de sécurité nous sommes extrêmement mitigés, très prudents. On peut comprendre un spray ou une matraque rétractable, mais aller au-delà nous parait assez dangereux".

Dangereux, parce qu'il estime que le temps de formation des agents de sécurité n'est pas comparable à ceux des policiers : "Entre trois semaines de formation, six au mieux et au minimum douze mois (pour un policier), il y une différence qui n'est pas à démontrer. Il faut des formations adaptées à l'utilisation des armes létales et non létales. Ce sont des choses que l'on doit savoir quand on a une mission de cet ordre-là".

Le corps de sécurité spécialisé : "Un nuage de fumée, ni plus ni moins"

Le Premier ministre souhaite également créer un nouveau corps de sécurité qui, sur base volontaire, serait composé de militaires et de policiers. Un corps qui sera uniquement dédié à la surveillance de sites potentiellement visés par une menace. Du personnel formé devrait y remplacer les militaires actuellement en poste.

Une proposition qui ne trouve pas grâce aux yeux de Vincent Gilles: "Nous sommes extrêmement dubitatifs et il me faut refréner l'enthousiasme du Premier ministre. Le dossier nous a été présenté à la fin juin et cela a provoqué un clash". Un clash, car "cette idée que M. Jambon défend, n'apportera pas de capacités policières en plus. C'est un nuage de fumée, ni plus ni moins".

D'autre part, "il va falloir encadrer ces nouveaux arrivants dans le secteur policier mais en plus, deuxième point de rupture fondamental, le statut que M. Jambon propose de donner à ces futurs "agents policiers" est un statut qui va générer des inégalités de traitement et donc des recours. Le projet risque donc de capoter très rapidement", ajoute Vincent Gilles.

Défense mitigée

Patrick Descy, secrétaire permanent militaire à la CGSP, émet également des réserves sur cette "garde civile": "Effectivement cela va soulager les militaires qui sont en mission "OVG" depuis maintenant plus d'un an et demi dans les rues. La mauvaise nouvelle, c'est que l'ensemble du personnel va être puisé dans la défense et principalement la composante terre qui est déjà très affaiblie et qui va l'être encore de 1400 à 1500 unités".

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