Le Conseil Supérieur National des Personnes Handicapées veut élargir le remboursement des frais de logopédie

Pour le CSNPH, le système de remboursement actuel n'encourage pas les parents à choisir l'enseignement ordinaire pour leur enfant atteint de troubles du langage.
Pour le CSNPH, le système de remboursement actuel n'encourage pas les parents à choisir l'enseignement ordinaire pour leur enfant atteint de troubles du langage. - © PATRICK HERTZOG - AFP

Le Conseil Supérieur National des Personnes Handicapées recommande d'élargir le remboursement des frais de logopédie aux enfants présentant un QI inférieur à 86, dans son dernier avis rendu public lundi. Actuellement, seuls certains enfants présentant des troubles du développement du langage ou atteints de dysphasie, dont le QI total atteint au moins 86 et qui ne souffrent pas d'importants problèmes d'audition, peuvent prétendre à de tels remboursements par l'INAMI.

Les enfants présentant des troubles du développement du langage ou atteints de dysphasie et dont le quotient intellectuel est inférieur à 86, sont purement et simplement exclus du remboursement des prestations de logopédie dans le cadre de la nomenclature INAMI, déplore le CSNPH. Ceux-ci peuvent néanmoins s'adresser aux centres de rééducation ambulatoires (CRA) qui proposent une prise en charge multidisciplinaire. Par ailleurs, le législateur a estimé que les établissements d'enseignement spécialisé permettaient également de répondre aux besoins de ces enfants.

Or, le Conseil Supérieur National des Personnes Handicapées estime que les centres de rééducation ambulatoires ne répondent pas suffisamment aux besoins des patients, précisant qu'ils sont très peu présents voire inexistants dans certaines provinces.

Le CSNPH souligne par ailleurs que l'approche actuelle va à l'encontre du principe de l'inclusion dans l'enseignement ordinaire et du libre choix de l'enseignement. L'argument selon lequel l'élève bénéficie de séances de logopédie au sein de l'enseignement spécialisé présuppose que ces élèves devraient toujours fréquenter ce type d'enseignement, dénonce-t-il en effet.

"Guidés par des considérations financières et non par le bien-être de l'enfant, les parents sont amenés à inscrire leur enfant dans l'enseignement spécialisé afin de lui offrir des séances de logopédie qu'ils ne peuvent financer eux-mêmes", observe le Conseil. Celui-ci ajoute que les prises en charge de logopédie à l'école sont moins intensives que celles réalisées par des logopèdes indépendants et que les contacts entre les parents et les professionnels y sont très rares, voire inexistants.

 

 

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