Réunion du conseil national de sécurité : pas de rapatriements prévus de Syrie

Réunion du conseil national de sécurité : pas de rapatriements prévus de Syrie
Réunion du conseil national de sécurité : pas de rapatriements prévus de Syrie - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

La question était à l’ordre du jour depuis de nombreux mois. Aujourd’hui, avec l’offensive turque que dans le nord de la Syrie, elle devient impérative. Faut-il ou non rapatrier les djihadistes belges emprisonnés en Syrie pour les juger ici ? Les djihadistes, mais aussi leurs femmes et leurs enfants.

Le conseil national de sécurité s’est réuni ce midi. Il a acté les difficultés à rapatrier qui que ce soit du nord de la Syrie, il y aurait en effet consensus pour dire qu’il n’est pas possible ou souhaitable d’envoyer des troupes sur place. Aujourd’hui, l’Ocam estime qu’il y a dans la région 55 Foreign Terrorist fighters (hommes et femmes confondus), soit belges soit partis de Belgique, ainsi que 69 enfants dont la majorité a moins de 5 ans. 

La semaine dernière le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR), avait indiqué que le gouvernement belge n’avait pas changé de position : "Ces 'foreign terrorist fighters’- FTF- doivent être jugés au plus près de l’endroit où ils ont commis leurs crimes. Des négociations sont en cours à ce sujet avec les autorités irakiennes".

Même son de cloche aujourd’hui du côté d’Alexander De Croo, vice-premier ministre Open Vld, ce midi à son arrivée au Conseil national de Défense : "Notre raisonnement de base a toujours été que les crimes commis à un endroit soient jugés au même endroit".

Rapatriement des femmes et des enfants

Alexander De Croo pointe ici des difficultés logistiques : "Si l’été passé, la Belgique a rapatrié six enfants orphelins à la suite d’un accord avec les autorités kurdes, cela a été possible parce que la situation sécuritaire le permettait aussi. La situation a changé maintenant et donc il faut bien évaluer quelles sont les possibilités pratiques pour un pays comme la Belgique qui n’est pas présent sur place. La situation est plus compliquée aujourd’hui".

Auditions à la Chambre

Le débat se poursuit cet après-midi à la Chambre, en Commission des affaires extérieures. Les députés entendent le chef du Service général du Renseignement et de la Sécurité (SGRS) de la Défense, le Procureur fédéral Frédéric Van Leeuw, et Paul Van Tigchelt, directeur de l’OCAM (l’organe de coordination pour l’analyse de la menace).

En début de semaine, le directeur de l’Ocam estimait que la meilleure option était de rapatrier les combattants belges pour les juger ici. Le Procureur fédéral Frédéric Van Leeuw lui emboîtait le pas : "Nous sommes prêts à enclencher des procédures, et il y aura un passage par la case prison, même si ce n’est pas toujours évident parce que les preuves sur place sont difficiles à récolter." D’autant que des combattants ont déjà commencé à fuir.

Cette après-midi, en Commission à la Chambre, Paul Van Tigchelt, le directeur de l’OCAM, affirme que l’Ocam n’a pas d’information qui induirait que des "FTF " seraient en route vers l’Europe avec des intentions terroristes. Les plus gros risques terroristes sont des "loups solitaires" d’inspiration Etat islamique ou terrorisme d’extrême-droite. Mais il confirme que 2 djihadistes belges et 3 femmes accompagnées de 6 enfants ont pu s'échapper d'un camp kurde dans le nord de la Syrie depuis l'attaque turque

55 combattants terroristes et 69 enfants qui ont un lien avec la Belgique se trouvent dans la région, mais "Toutes ces personnes ne présentent pas le même degré de dangerosité: certains ont abjuré leur idéologie, d'autres en revanche sont toujours des terroristes "hardcore".  Il est peu probable actuellement qu'un FTF puisse gagner l'Europe sans être contrôlé, ni même remarqué", a indqiué M. Van Tigchelt.

 

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