Racisme et intolérance sur la Toile: la Belgique pointée du doigt

La haine sur internet devrait être mieux combattue selon le Conseil de l'Europe
La haine sur internet devrait être mieux combattue selon le Conseil de l'Europe - © Joe Raedle/Getty Images/AFP

La Commission contre le racisme et l'intolérance du Conseil de l'Europe a exprimé sa préoccupation à l'égard des discours de haine qui fleurissent sur internet en Belgique. Elle épingle également les discours stigmatisants sur le plan communautaire.

"La situation concernant le discours de haine sur internet est extrêmement préoccupante avec une forte augmentation des pages web et forums de discussion racistes sur les sites belges", note la Commission dans son 5ème rapport sur la Belgique. Elle recommande à la Belgique d'intensifier ses efforts pour combattre l'expression du racisme sur internet et de coopérer au niveau international avec les autres Etats pour combler tout vide juridique permettant la diffusion de tels messages. Le rapport épingle aussi certains aspects des programmes d'intégration mis en en oeuvre dans les entités fédérées qu'elle juge "discutables, voire discriminatoires". Elle considère notamment comme "particulièrement inquiétante" la décision prise à Anvers de prélever un droit de 250 euros à chaque fois qu'un non-Européen s'inscrit au service des étrangers. Et d'ajouter: "d'une manière générale, des groupes ethniques et religieux, en particulier les musulmans, continuent d'être confrontés à de nombreux désavantages, y compris la discrimination dans des domaines clés de la vie". Le rapport n'omet pas la question linguistique. La Commission regrette qu'il n'existe aucun organe indépendant compétent sur les question concernant la discrimination fondée sur la langue.

Nous avons recueilli les commentaire de Jean Paul Lheners, l'un des membres de la Commission contre le racisme et l'intolérance. "Oui, il y a un certain nombre de critiques que nous adressons à la Belgique et ce qui nous inquiète le plus, ce sont les propos racistes sur internet. Je crois que là il faut absolument voir ce qui se passe sur internet en ce qui concerne le discours de la haine. Dans beaucoup de domaines il y a des efforts qui sont faits mais les efforts ne sont pas suffisants, il faut les développer. Je crois que là il y a encore beaucoup à faire". Quelles sont alors les recommandations ? "Je crois que l’essentiel c’est l’éducation et l’éducation à partir de la maternelle", répond Jean-Paul Lheners, "il faut faire des efforts pour aborder ce sujet dans les écoles et pour créer un climat favorable à la compréhension mutuelle, au respect, pour souligner l’avantage que nous avons de vivre dans une société multiculturelle.

Relations communautaires

La Commission pointe également du doigt l'attitude de certains partis, après des années de crise communautaire. Elle "déplore que depuis son quatrième rapport sur la Belgique un certain nombre de dirigeants et de militants de partis extrémistes aient continué à tenir en public des propos à l'encontre de l'autre Communauté linguistique au nom d'un nationalisme exacerbé et à invoquer des arguments fondés sur l'intolérance et la xénophobie à l'égard des étrangers et des minorités. La (Commission) estime que cette exploitation du climat de tension politique qui existe entre les Communautés linguistiques est particulièrement regrettable car elle n'encourage pas seulement les préjugés et les stéréotypes intercommunautaires mais peut aussi nourrir la haine envers les minorités ethniques et les migrants". Le Commission donne toutefois des points positifs à la Belgique, en particulier pour sa "très bonne législation contre le racisme et la discrimination", a expliqué le secrétaire Stephanos Stavros, même s'il regrette l'absence d'évaluation. "En comparaison avec de nombreux autres pays européens, la Belgique agit bien dans la lutte contre le racisme et la discrimination", a-t-il ajouté.

RTBF avec Belga

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