Le Conseil d'Etat suspend le permis d'environnement de Uplace

Le Conseil d'Etat suspend le permis d'environnement de Uplace
Le Conseil d'Etat suspend le permis d'environnement de Uplace - © Tous droits réservés

Le Conseil d'Etat a suspendu le permis d'environnement pour le centre commercial projeté à Machelen, près du viaduc de Vilvorde en périphérie de Bruxelles. Le permis avait été accordé au mois de mai, soulevant des remous notamment au sein du gouvernement flamand. Les réactions sont nombreuses et partagées en Flandre.

Le permis était contesté entre autres par la ville de Louvain et la province du Brabant flamand.

Dans son arrêt, le Conseil d'État constate qu'il reste encore tout un parcours juridique à effectuer en vue de la réalisation des travaux d'infrastructure nécessaires au désenclavement et à l'accessibilité du site.

Les permis requis doivent encore être obtenus, fait notamment valoir le Conseil d'Etat.

Afin d'assurer la protection juridique de tiers intéressés par le projet Uplace, le gouvernement flamand ne peut pas simplement considérer, pour délivrer l'autorisation écologique, que ces travaux d'infrastructure concernant la mobilité seront effectivement autorisés et réalisés, précise la haute juridiction administrative sur son site internet.

Le projet Uplace est contesté par des communes voisines (Louvain et la province du Brabant flamand notamment) qui craignent les répercussions de la création de ce grand centre commercial sur la mobilité, à quelques encablures de Bruxelles. En Région bruxelloise, les mêmes craintes existent aussi, notamment en lien avec le manque de concertation sur le ring de Bruxelles, mais aussi en raison d'une concurrence avec d'autres projets de centres commerciaux et le commerce local.

Le promoteur de Uplace espère quant à lui pouvoir ouvrir au printemps 2016.

Nombreuses réactions en Flandre

La direction d'Uplace qui a prévu d'injecter 600 millions d'euros dans le mega complexe et veut y attirer 8 millions de visiteurs par an, a ainsi fait part de sa surprise face à l'argumentaire du Conseil d'Etat, selon lequel la suspension est dictée par le fait que les permis nécessaires à l'aménagement de l'accessibilité du site n'ont pas encore été délivrés.

Elle a fait valoir que le gouvernement et le parlement flamands avaient déjà prévu les budgets nécessaires et que les procédures d'expropriation avaient déjà été lancées.

L'organisation patronale flamande Voka a quant à elle déploré la remise en cause de tout le plan de reconversion de l'axe Malines-Vilvorde qu'engendre cette décision.

Le bourgmestre de la commune de Machelen, Jean-Pierre De Groef (sp.a) a également regretté la décision du Conseil d'Etat jugeant singulier, l'argumentaire de la haute instance. Pour lui, la balle est à présent dans le camp du gouvernement flamand qui devra faire en sorte que les travaux d'accessibilité d'Uplace soient effectués à temps.

Comme les Verts de Groen, le sp.a, son parti, est opposé au projet. Il l'avait d'ailleurs fait savoir il y a plusieurs mois au gouvernement flamand au sein duquel siège la ministre de l'environnement Joke Schauvliege (CD&V) qui continue de le soutenir.

L'organisation des classes moyennes, Unizo a estimé de son côté que le Conseil d'Etat n'a fait autre chose que d'appuyer ce qu'elle soutient depuis longtemps: ce projet est néfaste pour les noyaux commerciaux des environs de Machelen et engendrera un sérieux problème de circulation.

 

RTBF et Belga

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