Le Conseil d'État suspend la fermeture de l'abattoir de Geel

Le Conseil d'État suspend la fermeture de l'abattoir de Geel
Le Conseil d'État suspend la fermeture de l'abattoir de Geel - © DIRK WAEM - BELGA

Le Conseil d'État a suspendu lundi le récent arrêté du ministre fédéral de l'Agriculture Denis Ducarme qui avait retiré l'agrément de l'abattoir de Geel, en raison de problèmes d'hygiène et d'infrastructures. Le ministre, lui, répond avoir suivi l'avis de l'AFSCA plutôt que celui de la commission de recours.

La décision ministérielle, qui s'écarte d'un avis de la commission de recours de l'Agence alimentaire (AFSCA), favorable à l'abattoir, n'est pas adéquatement motivée, selon le Conseil d'État. Le ministre, ajoute-t-il, tient surtout compte d'éléments négatifs du passé et ignore les efforts plus récents qui ont été déployés pour améliorer la situation de l'abattoir.

L'arrêté ministériel remonte au 31 mai dernier, avec fermeture immédiate à la clé. La firme concernée avait contesté cette décision, faisant valoir les importants investissements consentis dans l'entretien et de nouvelles infrastructures.

Depuis janvier 2016, des irrégularités ont été constatées

L'abattoir emploie 159 personnes et fournit de la viande aux principaux opérateurs de la grande distribution. Ceux-ci ne doivent cependant pas craindre de problème d'approvisionnement, l'établissement ayant trouvé d'autres solutions dès que la décision de fermeture lui a été communiquée, selon son CEO Peter Verherstraeten. Les 1.400 bêtes qui arrivent normalement quotidiennement à Geel ont été réparties dans d'autres abattoirs.

M. Ducarme (MR), de son côté, a rappelé les infractions qui l'ont conduit à retirer l'agrément.

"Depuis janvier 2016, des irrégularités ont été constatées dans l'abattoir de Geel et les engagements pris envers l'AFSCA lors des différents contrôles n'ont pas été respectés. Lors d'un contrôle de l'AFSCA, le 27 avril 2018, de nombreuses irrégularités structurelles ont été constatées en matière d'hygiène et ont logiquement amené à la mention défavorable par l'AFSCA suite au contrôle", explique le ministre dans un communiqué.

A ses yeux, les éléments avancés par l'entreprise n'étaient pas de nature à passer outre les non-conformités constatées, comme le système d'autocontrôle insuffisamment implémenté, le manque d'hygiène et d'infrastructure ou encore la pollution par les engrais.

"Contamination des carcasses, nettoyage et désinfection de la zone du lieu d'abattage et des outils d'abattage insuffisants, hygiène du personnel insuffisante, viande impropre à la consommation humaine catégorisée comme viande propre à la consommation humaine", sont quelques-unes des non-conformités citées dans les rapports.

Selon le ministre Ducarme, vu que la société avait déjà disposé d'un délai raisonnable pour se mettre en ordre, l'AFSCA était d'avis qu'il n'était pas indiqué de donner un autre délai supplémentaire. Il dit donc avoir suivi l'avis de retrait d'agrément proposé par l'AFSCA plutôt que l'avis de la commission de recours qui avait, quant à elle, proposé une suspension de la décision de retrait d'agrément. Cette dernière commission n'a, en outre, qu'un avis consultatif, souligne le ministre.

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