Le confinement prolongé jusqu’au 3 mai : voici les nouvelles mesures pour lutter contre le coronavirus

Ce mercredi, le Conseil national de Sécurité – composé des vice-Premiers ministres, certains ministres fédéraux des ministre-présidents des entités fédérées, des experts et présidé par la Première ministre – s’est réuni à partir de 14 heures, jusque peu avant 17h30.

Réunion très attendue : le 27 mars dernier, Sophie Wilmès avait annoncé une prolongation des mesures de confinement jusqu’au 19 avril, avec, éventuellement, si la situation l’exigeait, une prolongation au 3 mai.

Ce mercredi, c’est donc l’heure de la prise de décision. Les voici :

Confinement prolongé

Les mesures seront prolongées jusqu’au 3 mai. La situation dans les hôpitaux, avec un nombre de lits occupés par des patients COVID-19 supérieur à 5000 et plus de 1200 personnes en soins intensifs, le demande. Des chiffres en baisse constante, mais une baisse très lente.

La priorité reste d’alléger la charge des hôpitaux et seul un maintien des mesures doit permettre de libérer des lits. Grâce au confinement, jamais la Belgique, au niveau national, n’a dépassé les 54% d’occupation des lits en soins intensifs.

Mais tous les jours, de nouvelles personnes entrent à l’hôpital et les sorties sont moins nombreuses qu’espérées, surtout dans certaines zones où la saturation menace, comme Bruxelles.


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Ecoles, festivals…

Les écoles ne rouvriront pas ce lundi 20 avril. C’est encore trop tôt. L’enseignement obligatoire devra ronger son frein et attendre le mois de mai. Cela signifie que les examens en primaire et en secondaire sont annulés.

Des décisions ont été prises à propos des grands événements de l’été, comme les festivals de musique, qui drainent beaucoup de monde. Ils ne pourront pas être organisés. Même chose pour les événements sports d’ampleur (football, etc.). En résumé, aucun événement de masse n’aura lieu avant le 31 août prochain.

Tout de même un petit bol d’oxygène à partir de ce lundi 20 avril

Certains commerces vont rouvrir ce lundi 20 avril : les magasins de bricolage et les pépinières/jardineries. Pourquoi ? Parce que la très grande majorité des ventes des pépinières se fait, habituellement, à cette période, entre mars et mai.

Les semis, les plantations sont prêtes, ne manquent que les clients (qui peuvent néanmoins pour l’instant se faire livrer) pour les récupérer. Ne pas permettre une réouverture, c’est plonger ce secteur dans de très grandes difficultés financières.

Le gouvernement autorise la visite aux résidents des structures d’hébergement, maisons de repos ou de soins, centre pour personnes handicapées. Et ce à condition que le visiteur soit un proche désigné (une seule personne, donc), qui n’aura pas eu de symptômes du COVID-19 dans les deux semaines qui précèdent la visite.

Les parcs à conteneurs pourront aussi ouvrir à nouveau leurs portes à partir de lundi (ils avaient déjà repris du service en Flandre). Mais la Première ministre fait appel au bon sens des citoyens. "Si vous voyez qu’il n’est pas possible de respecter les distances de sécurité, rebroussez chemin et revenez plus tard", a-t-elle déclaré lors de la conférence de presse.

Un déconfinement à petits pas

Le RMG, le groupe d’experts et de politique chargé de conseiller le Conseil national de Sécurité, recommande une déconfinement à petits pas. "Une situation inédite exige des mesures inédites", écrit le RMG dans un document en notre possession.

"Nous souhaitons mettre en garde contre un assouplissement trop rapide et trop peu réfléchi des mesures. Il ne peut avoir lieu que dans le cadre d’une stratégie à long terme […] une stratégie clairement communiquée."

Le RMG s’inquiète des conséquences d’un déconfinement trop rapide : "Selon une modélisation récente, il existe un réel risque de surcharge de nos capacités hospitalières si les mesures de confinement sont allégées trop rapidement et de façon trop radicale. […] La pression est déjà forte sur les institutions de soins."

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Le port du masque conseillé, pas imposé

Par ailleurs, dans un autre document entre notre possession, plus récent, le RMG présente son consensus sur l’utilisation de masques : "Lorsque les mesures de distanciation sociale seront levées progressivement, les masques en tissu sont conseillés pour toute situation où un contact de moins d’un 1,5 mètre est nécessaire et dans les endroits où il y aura beaucoup de monde (par exemple dans les transports en public, supermarchés…)."

Ces masques sont utiles pour "des personnes ne présentant pas de symptômes [et] comme un moyen pour prévenir la transmission asymptomatique ou présymptomatique dans des circonstances où la distanciation sociale est difficile."

Les masques FFP2 doivent, eux, rester l’apanage du personnel de santé en contact avec des patients "possibles ou confirmés COVID-19" lors de certaines procédures.

Les masques chirurgicaux sont recommandés pour le personnel de soin, pour les patients COVID-19 sous certaines conditions (tous les détails dans cet article).

Dans sa conférence de presse, la Première ministre a cité ces éléments : le gouvernement suit les recommandations de ce rapport et conseille les masques en tissu.

Prochain conseil national de sécurité le 24 avril

La Belgique dispose donc d’une stratégie claire pour les masques, élément d’une importance capitale pour entamer la route du déconfinement.

Le GEES, le groupe d’experts en charge de l’exit strategy (le déconfinement, donc) doit remettre un rapport mercredi prochain. Rapport qui sera déterminant pour le Conseil national de Sécurité du vendredi 24 avril. Ce jour-là, le déconfinement à la belge aura une route balisée. Avec, tout de même, déjà une certitude : le déconfinement sera long, il faudra faire preuve de patience.