"Le confédéralisme est une solution" au décalage entre les votes des francophones et des flamands

Un gouvernement fédéral transitoire pour un an, c’est ce que plaidait Paul Magnette jeudi soir sur le plateau de Jeudi en Prime. Il y voit une solution pour éviter un blocage et a réitéré que le PS ne souhaite pas gouverner avec la N-VA.

Cieltje Van Achter, vice-présidente de la N-VA, était l’invité de La Première vendredi matin et pour l’heure, elle veut laisser les informateurs désignés par le Roi faire leur travail. "Ils doivent faire un rapport pour lundi. Il faut négocier autour de la table, ce que l’on fait. Ce que l’on veut est clair, on veut une politique migratoire plus stricte, une politique de sécurité plus stricte, des réformes socio-économiques qui vont dans le bon sens. C’est pour cela qu’on a mis le confédéralisme sur la table, et ce déjà avant les élections."

Sur ces questions justement, les idées de la N-VA s’opposent clairement à celles des partis francophones. "C’est aussi ça le travail des informateurs, trouver des convergences, voir ce qui est possible", insiste-t-elle.

"On fait ensemble ce qu’on veut faire ensemble, pas parce qu’on le doit"

Quelle serait donc la solution pour sortir de ce blocage? Selon elle, l’une d’elles serait d’oser le confédéralisme, ce qui effraye les francophones. "Ce confédéralisme est la solution à un problème qui se pose : la Wallonie a voté à gauche, la Flandre centre droit droite. C’est de dire que les deux entités fédérées reçoivent la politique pour laquelle ils ont voté. On fait ensemble ce qu’on veut faire ensemble, pas parce qu’on le doit, et qu’on a les moyens fiscaux en main."

Mais si la politique fiscale est régionalisée, cela comprend aussi d’autres matières comme les soins de santé par exemple. "On a une complexité énorme, on a des compétences partout et on n’avance pas. On peut faire des choses ensemble, on ne va pas faire deux armées c’est stupide. Mais c’est parce qu’on le veut. Le confédéralisme ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de solidarité. Il faut que cette solidarité soit transparente et claire."

Le gouvernement précédent n’a pas ouvert la boîte de la Constitution pour justement la réviser. Techniquement ce n’est donc pas possible. "On voulait ouvrir le débat pour réviser la constitution, mais le gouvernement n’a pas respecté le vœu de la majorité au Sénat et au Parlement. Mais c’est clair qu’il y a une volonté politique, on peut trouver des solutions. Pas besoin de revoter."

Elio Di Rupo a laissé entendre, jeudi matin sur la première, qu’il ne fermait pas la porte à une alliance avec les nationalistes flamands, pour ensuite faire machine arrière sur Twitter. "Que ce soit clair : le PS ne souhaite pas gouverner avec la N-VA".

Elle insiste : "Il faut parler, il faut avancer. Nous, on ne va pas exécuter le programme du PS. Nous avons notre programme, mais il faut négocier. Si on peut avoir le programme que nous voulons, là on peut avancer. Mais je ne pense pas que c’est possible avec les socialistes."

Mobilité et insécurité à Bruxelles

Après le fédéral, direction Bruxelles, ou le temps semble bien meilleur. Ce vendredi matin, il devrait y avoir l’annonce du lancement des négociations avec Ecolo et DeFi côté francophone. Du côté de la Flandre aussi ça avance entre Groen, l’Open Vld et la Sp.a. Une majorité de gauche ou de centre gauche devrait donc voir le jour, ce qui pourrait par contre créer une asymétrie entre Bruxelles, la Wallonie et la Flandre.

"Bruxelles est un cas spécial. Les Bruxellois ont voté pour le changement. Les partis traditionnels, surtout du côté flamand, ont perdu beaucoup."

Côté francophone, les élections du 26 mai ont vu une nette percée d’Ecolo et du PTB. La N-VA, se retrouverait donc seule sur l’échiquier bruxellois ? "On a discuté avec Groen car on veut voir des réformes structurelles, qui sont nécessaires à Bruxelles. Bruxelles est bloquée et je crains qu’on reste bloqué. Ça bloque tout le temps, en matière de mobilité, de sécurité routière. C’est dommage, parce que je pense que les Bruxellois ont voté pour ce changement."

Il n’y a pas de politique ferme contre les chauffeurs

Jeudi justement, un accident a eu lieu à Schaerbeek. Une jeune fille de 14 ans a été renversée par un chauffeur qui a pris la fuite. Une personne a été interpellée. "Je suis choquée, je suis maman. Il y a un tas d’accidents. On veut savoir que nos enfants peuvent se déplacer en sécurité."

Et selon elle, Bruxelles, en termes de mobilité et de sécurité, est pire qu’Anvers ou d’autres villes comme Charleroi ou encore Liège. "Il n’y a pas de politique ferme contre les chauffeurs. A Anvers, on a un règlement policier qui dit qu’on peut saisir les voitures des chauffeurs et récidivistes qui mettent les citoyens en danger. A Bruxelles, il y a une politique laxiste et l’infrastructure n’est pas adaptée. C’est aussi à cause des communes, régions, ça se bat, ça n’avance pas."

Finalement, concernant les discussions entre la N-VA et le Vlaams Belang, discussions qui choquent les francophones, la vice-présidente comprend. "Mais il faut savoir qu’il y a 800.000 Flamands qui ont voté pour eux. Il faut parler du contenu. Ils ont des points de vue que l’on ne partage pas mais il faut parler du contenu."

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