Le conclave budgétaire wallon: exercice délicat

Les ministres auront-ils toujours le sourire aux lèvres dimanche soir? Ce conclave budgétaire ne sera pas l'exercice le plus agréable de leur législature
Les ministres auront-ils toujours le sourire aux lèvres dimanche soir? Ce conclave budgétaire ne sera pas l'exercice le plus agréable de leur législature - © ANTHONY DEHEZ - BELGA

Le programme du gouvernement wallon, dès ce jeudi et durant le week-end, c’est élaborer le budget 2017 de la Région. Une nouvelle fois, ce n’est pas une partie de plaisir. Le trou est plus important qu’escompté et il n’y a pas 36 façons de le gérer.

Équation à plusieurs inconnues

L’inflation qui augmente, la croissance qui est en berne, le conflit avec le Fédéral sur le financement des infrastructures hospitalières et du tax-shift, les coûts supplémentaires générés par la prévention du terrorisme ou la fermeture de Caterpillar… voilà quelques-uns des ingrédients pas très emballants avec lesquels composer le budget 2017.

Ajoutez-y les normes européennes de retour à l’équilibre qui imposent que le trou budgétaire passe cette année de 375 à 200 millions et vous comprendrez qu’il reste peu de marge de manœuvre.

Différer le retour à l’équilibre?

Les ministres l’ont pourtant promis: pas de taxes ni d’impôts supplémentaires pour boucler l’exercice. Ne restent donc a priori que 3 possibilités: réduire encore des dépenses déjà très surveillées ou étaler le remboursement d’une série de factures ou encore différer le retour à l’équilibre prévu en 2018.

Chacun s’était engagé à respecter cette date mais l’idée d’y surseoir fait son chemin. Cette hypothèse que le Fédéral lui-même n’écarte pas est bien présente dans les esprits wallons depuis plusieurs mois. Les arguments ne manquent pas pour aller en ce sens. Le principal étant de ne pas brider la vitalité économique avec des mesures d’austérité.

Et les politiques nouvelles, alors?

Dans ce contexte, les dizaines de millions que chaque ministre avait prévu de demander à son collègue du budget pour des politiques nouvelles risquent fort de ne pas peser lourd. Ni cette année, ni l’année suivante d’ailleurs. A moins que la croissance ne montre enfin le bout du nez. Mais tout porte à croire que ce ne sera pas le cas.

Le ministre du Budget n’aura probablement pas manqué de noter que l’activité économique risque d’être plus molle encore l’année prochaine. L’Institut des Comptes Nationaux prévoit 1,2% de croissance alors que l’inflation, elle, atteindrait 1,6%. Rien d’excitant, on le disait.

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