Le collectif "Migrations libres" dénonce des manquements au centre de réfugiés de Jalhay

C'est un texte accablant à charge de la direction du centre de réfugiés de Jalhay et du personnel infirmier qu'a rédigé le collectif liégeois « Migrations libres » sur son blog, sur base de témoignages anonymes recoupés et vérifiés, précise le collectif à l'agence Belga. Les reproches sont interpellants : négligence en matière de soins de santé, manque de médicaments, pressions de la direction, manque de personnel. Certains résidents parlent d'exploitation et d'autres disent vivre dans des chalets humides sans accès direct aux sanitaires.

Selon l'association, les conditions de vie des résidents du camping du Spa d'Or de Jalhay, sur lequel se trouve le centre de réfugiés, auraient commencé à se détériorer quand la structure est passée en octobre 2020 des mains de la Croix-Rouge à celles du privé, et plus précisément de la société Svasta, une coopérative à finalité sociale, qui elle-même appartient au groupe Corsendonk, à la tête duquel on retrouve Dominique Nedée, propriétaire dudit camping.

Fedasil, l'Agence fédérale pour les demandeurs d'asile qui est en charge du réseau des centres de réfugiés, dit avoir pris connaissance de ce texte et tient à rassurer les résidents. L'Agence essaie que l'accueil soit le même partout et dit veiller au respect des normes de qualité. Dans le cas de Jalhay, Fedasil précise avoir fait appel à une société privée pour répondre à une demande en urgence pour une durée temporaire de 12 mois avec six mois renouvelables.

Le bourgmestre avait alerté la police

Su côté de la commune de Jalhay, le bourgmestre explique avoir lui aussi reçu des témoignages inquiétants de migrants. Michel Fransolet ajoute " j'ai alerté Fedasil puis j'ai eu d'autres témoignages que je ne pouvais pas garder pour moi, j'ai donc demandé à être entendu par la police. C'était début décembre" et quand on lui demande quel type de témoignage, il précise: " le même genre que ceux reçus par le collectif puis d'autres faits aussi mais plus généralement , c'est un peu trop fort, mais on peut parler de climat de terreur ".

Classement sans suite

Contacté par nos soins, le procureur de division de Verviers confirme que son office a bien été saisi d'une plainte pour non assistance à personne en danger, qu'il y a eu enquête avec une série de devoirs mais que l'infraction n'a pas pu être établie dans le chef de la personne visée. Le dossier a donc été classé sans suite pour absence d'infraction.

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