Le citoyen wallon peut désormais écrire la loi

Le Parlement de Wallonie est le seul en Belgique qui pousse aussi loin la participation citoyenne au débat politique
Le Parlement de Wallonie est le seul en Belgique qui pousse aussi loin la participation citoyenne au débat politique - © BRUNO FAHY - BELGA

Le citoyen trouve-t-il son compte dans le fonctionnement démocratique actuel? Persuadé que non, le Parlement wallon multiplie les initiatives qui invitent les gens à mettre leur grain de sel dans les décisions politiques. Aujourd’hui, un nouveau pas est franchi en permettant aux électeurs d’intervenir directement dans la rédaction d’un décret.

Corédiger un décret

L’idée, c’est qu’un citoyen puisse écrire une proposition de décret sur base d’une question soulevée par un député: un parlementaire cerne un problème et avance ses solutions. Et puis, le citoyen intervient.

Il peut alors débattre de tous les aspects, amener ses propositions, souscrire à différentes interventions ou, au contraire, les combattre et amener ses propres suggestions.

L’initiative reste parlementaire

Le citoyen ne tient pas la plume mais il peut la pousser dans un sens ou dans l’autre. Le député reste maître du texte et n’est pas tenu de se conformer, par exemple, à la pression qu’exercerait un groupe, une association militante. Mais il ne peut pas non plus ignorer les contributions qu’il reçoit: il doit y répondre. C’est le principe.

Le jeu politique

Rien ne garantit donc à un citoyen que sa proposition sera retenue. Le jeu politique reste de mise: une proposition émise par un citoyen ne recueille pas nécessairement l'assentiment général. Tout le monde a son avis. Mais sur le site web où l'intervenant se sera inscrit – sous son nom ou sous un pseudonyme – il pourra visualiser la contradiction éventuelle des opinions et tout ce qui fait le débat politique. En ce sens, c’est très pédagogique, souligne le Président du Parlement.

Deux consultations

Aujourd’hui déjà, deux consultations sont lancées. L’une par le cdH André Antoine sur les commerces de proximité et l’autre par la députée Ecolo Hélène Ryckmans sur les territoires "zéro chômeur de longue durée". C’est l’occasion de tester le dispositif.

L’exemple français

L’initiative n’est pas née en Wallonie. C’est l’Assemblée nationale française qui en est à l’origine. Elle expérimente la formule depuis 2013. Avec un certain succès.
La Wallonie aussi se veut à l’avant-garde de ce genre d’ouverture: droit de pétition, panel de citoyens et, aujourd’hui, collaboration à la rédaction d’un décret… ce sont quelques-unes des initiatives prises à Namur pour revigorer le monde politique et tenter de combler le fossé entre élus et électeurs.

 

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