Le chèque consommation de 300 euros : un geste avant tout symbolique

Le super kern qui s’est réuni ce samedi a annoncé une série de mesures économiques et sociales visant à venir en aide aux secteurs les plus en difficulté face à la crise du coronavirus.

Parmi elles, la mise en place d’un chèque à la consommation d’une valeur de 300 euros qui pourra servir à payer dans l’horeca ou encore pour des activités culturelles. Un geste censé booster la consommation, à charge de l’employeur, et qui sera entièrement défiscalisé. Oui mais voilà, plus que vraiment efficace pour relancer la consommation, il s’agit avant tout d’un geste symbolique.

300 euros à dépenser dans la culture, l’horeca ou les loisirs

"C’est un chèque de 300 euros que les employeurs pourront donner, d’une manière avantageuse fiscalement, à leurs travailleurs, qui peuvent être utilisés dans l’horeca mais aussi dans les loisirs et la culture", a indiqué Alexander De Croo (Open Vld), le ministre des Finances, à la sortie du Kern.

L’objectif, donner un coup de pouce aux secteurs les plus fragilisés. Il s’agit, "à la fois de donner un petit coup de pouce aux travailleurs mais c’est aussi et surtout soutenir la demande intérieure et soutenir les entreprises qui en ont le plus besoin", a fait savoir Paul Magnette, le président du PS.

A charge des employeurs

Ces chèques de consommation devront être donnés par les employeurs, sur base volontaire. Mais si l’entreprise décide effectivement de souscrire à cette démarche, c’est à sa charge. En revanche, le coup de pouce du gouvernement intervient au niveau fiscal. En effet, ces chèques seront défiscalisés à 100%.

Le gouvernement table donc sur la bonne volonté des employeurs, leur volonté de faire un geste positif en faveur des secteurs les plus touchés.

Selon l’économiste Etienne De Callatai, "il est vraisemblable qu’une bonne part des entreprises qui peuvent se le permettre octroieront ces chèques à leurs employeurs. Dans le contexte dans lequel on est, dans un contexte où beaucoup d’employés ont pris des risques ce serait refuser un avantage pour les employés et je ne pense pas que beaucoup d’employeurs souhaiteront avoir cette attitude très peu positive ".

Un geste avant tout symbolique, un "coup dans l’eau ?"

Ce chèque c’est un geste et pas une révolution. Ce n’est pas avec ça que l’on va relancer la consommation dans le pays. Mais c’est un coup de pouce.

Selon, l’économiste, "l’octroi de ce chèque n’aura pas beaucoup d’impact, il coûtera relativement cher aux entreprises pour relativement peu d’impact car bon nombre des personnes qui vont bénéficier de ces chèques auraient de toute façon été au restaurant. Au lieu de payer avec de l’argent liquide, ils payeront avec ces chèques et réserveront leurs paiements en cash à d’autres achats".

Ainsi, ajoute-t-il, "l’impact dans le secteur culturel ou dans le secteur de la restauration sera limité ".


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"Un coup mal ciblé ", analyse Etienne De Callatay. "Quand on voit le coup de la mesure, il aurait mieux valu mieux cibler cette mesure […] cette mesure c’est finalement donner un chèque par les entreprises qui vont bien, aux employés qui ont la chance de ne pas avoir perdu leur emploi. Il aurait mieux valu soutenir le pouvoir d’achat en augmentant temporairement les allocations de chômage pour ceux qui ont eu réellement à souffrir du coronavirus", argue l’économiste.

Et même si cette mesure aura, un "petit" effet positif pour les secteurs concernés, il faut admettre que c’est une mesure qui pourrait coûter cher à l’Etat.

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