Le chef de la Défense souhaite une réduction du nombre de militaires en rue

Le chef de la Défense (Chod) se veut clair: "Si le gouvernement nous demande de faire ce genre de missions, on le fait! Et je crois que la situation sécuritaire le justifie".
Le chef de la Défense (Chod) se veut clair: "Si le gouvernement nous demande de faire ce genre de missions, on le fait! Et je crois que la situation sécuritaire le justifie". - © THIERRY ROGE - BELGA

Le nouveau "patron" de l'armée, le général Marc Compernol, s'est déclaré jeudi partisan d'une réduction du nombre de militaires déployés en rue en appui de la police fédérale - plus de 1800 depuis des mois -, tout en s'inquiétant des "pertes de compétences" que l'opération "Vigilant Guardian" (OVG) de sécurité intérieure entraîne pour ses troupes.

"Je pense que tout le monde en est convaincu (qu'il est temps de réduire le déploiement en rue), y compris le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA). La difficulté, c'est qu'il faut un élément déclencheur nous indiquant que le monde est plus sûr", a-t-il affirmé dans une interview publiée par le journal 'La Libre Belgique'.

Pas la "mission première" de l'armée

Le chef de la Défense (Chod) se veut toutefois clair: "Si le gouvernement nous demande de faire ce genre de missions, on le fait! Et je crois que la situation sécuritaire le justifie."

Mais le général Compernol estime toutefois que ce renfort à la police fédérale n'est pas la "mission première" et qu'il devient "lourd" pour son personnel.

L'an dernier, certains militaires ont effectué 22 semaines de garde. "A côté, ils devaient encore s'entraîner et prendre leurs congés. Ça devient lourd. Cela dit, je ne suis pas d'accord avec certains syndicats quand ils disent que les soldats en ont ras-le-bol. Je suis convaincu que ce n'est pas le cas parce qu'ils se rendent compte que, pour le moment, il n'y a pas d'autres alternatives", a affirmé le plus haut gradé de l'armée.

"La sécurité de la Belgique commence en Afrique subsaharienne, en Irak et en Syrie, en Afghanistan, sur le flanc est. C'est là que nous devons être présents, pas dans les rues à Anvers et Bruxelles", a-t-il expliqué.

"Le plus grand souci, c'est de maintenir notre capacité opérationnelle"

Le gouvernement a fait appel le 17 janvier 2015 - après l'attentat contre le magazine satirique français Charlie Hebdo - à l'armée pour venir épauler la police fédérale. L'actuel mandat expire le 2 octobre et porte sur 1828 hommes.

Le Chod assure que son "plus grand souci, c'est de maintenir notre capacité opérationnelle".

"Mais vu la disponibilité de nos gens, on se limite à l'entraînement de base pour la mission qu'ils doivent assumer. Du coup, on perd déjà des compétences", comme celle de déployer une compagnie interarmes dans un conflit d'une certaine intensité. C'est-à-dire une compagnie qui peut mener un combat d'une intensité assez élevée avec tous ses moyens (...) Ça demande un entraînement poussé qu'on ne peut plus organiser. Et puis, il y a un autre problème: il faut faire très attention à ne pas créer une génération perdue (...) de lieutenants et de sergents qui n'ont rien fait d'autre que cette mission, qui ne sollicitent qu'une petite partie des compétences à acquérir. C'est inquiétant. Ils sont en train de rater une phase d'apprentissage qu'il va falloir rattraper", a prévenu le "patron" de l'armée.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK