Le chef de corps de la police de Liège: "On se fait injurier quotidiennement"

Invité de l'émission Jeudi en Prime, Christian Beaupère, le chef de corps de Liège depuis 20 ans, dresse un constat alarmant du métier de policier: "On se fait régulièrement injurier. Il n'y a plus de respect vis-à-vis de la police. Le policier est là pour servir et pour protéger. Pas pour servir de punching-ball".

Ces derniers mois, le premier policier de Liège a connu des drames au sein de ses effectifs. En septembre dernier, Maxime Pans, un policier de Liège, a été touché par balle à la tête lors d'un contrôle à Jupille. "Il va quelque peu mieux. Il respire maintenant seul, sans assistance médicale" déclare son chef de corps. "Il reconnait ses visiteurs. On peut lire quelques mots sur ses lèvres. C'est un battant. Il fait preuve d'un énorme courage". Avant lui, en 2018, d'autres policiers de Liège ont perdu la vie dans l'exercice de leur fonction. Pour Christian Beaupère, la situation a fortement changé ces dix dernières années. "Il y a de plus en plus d'armes illicites portées illégalement qui circulent. Lors d'un simple contrôle, des malfaiteurs peuvent ouvrir le feu sur des policiers". 

Policier, une cible

Plus de 600 personnes ont participé à un rassemblement contre les violences sur les policiers mercredi matin devant le Palais de justice de Liège. Christian Beaupère explique que les policiers sont en négociation permanente sur le terrain. "Lors d'un simple contrôle d'identité ou d'un contrôle routier, on se fait injurier. Lorsqu'on passe dans la rue, on se fait injurier". Selon lui, il s'agit d'un rejet de l'autorité. Il plaide pour un travail de fond, notamment au sein des écoles pour que les policiers se fassent connaitre et reconnaitre en tant que représentant de l'autorité, mais aussi des cours de citoyenneté. "Il faut rétablir le respect" affirme le chef de corps.    

Manque d'effectifs 

Il y a 990 policiers à Liège. Or, le budget permet d'en avoir 1065. Le cadre légal, lui, prévoit même 1113 policiers. Alors, cette violence entraine-t-elle une difficulté de recrutements de nouveaux agents? Christian Beaupère souligne qu'il y a 30% de candidats en moins au niveau national. Mais le chef de corps se veut optimiste: "Il y a toujours un attrait pour le métier. Les policiers sont fiers d'exercer leur profession et ils le font avec motivation". Le chef de corps précise que les policiers sont sur leurs gardes à tout moment. Il reconnait toutefois que moins de candidats policiers postulent à Liège vu les drames vécus ces derniers mois.  


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Pour Christian Beaupère, "le politique doit faire un geste" car, précise-t-il, "il manque 3000 policiers en Belgique". Il demande des moyens supplémentaires pour la police fédérale mais aussi pour les zones de police. Selon ses prévisions, à défaut d'un financement suffisant, il n'y aura bientôt plus que 750 policiers à Liège. 

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Missions compliquées

Interrogé sur le travail de la police face aux féminicides, Christian Beaupère explique que la surveillance est très compliquée. "Il y a 1200 personnes à surveiller dans notre zone. C'est plus que le nombre de policiers. C'est donc impossible d'assurer ce travail de surveillance".

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