Le "chauffeur" de De Wever chef de cabinet: la polémique enfle à la N-VA

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Cette fois, c'est au sein-même du parti nationaliste que la polémique fait rage. Il ne s'agit pas de commenter la présence de tel ou tel à une réunion d'anciens militants d'extrême-droite flamande. Mais bien de critiquer le chauffeur qui avait conduit Bart De Wever en Porsche Carrera, il y a quelques jours. Celui-ci est devenu chef de cabinet du ministre de l'Intérieur, Jan Jambon. Pour certains militants, sa promotion-éclair est choquante. Des critiques qui mettent à jour une grogne bien réelle au sein du parti. Certains craignent même une "menace pour l'avenir de la N-VA".

La rentrée parlementaire est pour le moins chahutée pour la N-VA... Si Jan Jambon a estimé s'être expliqué à propos de sa sortie dans la presse ce lundi, si Théo Francken regrette ce mardi la chasse aux sorcières orchestrée selon lui suite à la diffusion de photos d'une fête mettant à l'honneur un ancien collaborationniste, la polémique relatée dans la presse flamande porte bien sur une "fronde" à l'intérieur-même du parti nationaliste.

Deux plaques pour une voiture, une amende jetée par terre... Joy Donné, "chauffeur" de Bart De Wever, a beaucoup fait parler de lui il y a quelques jours.

Il y eut bien l'une ou l'autre sortie indignée de la part de certains mandataires, comme celle de Wilfried Vandaele, qui demandait "la mise sur pied immédiate" de cet homme:

 

Mais l'affaire du "chauffeur" n'avait en général suscité que des ricanements au sein de la N-VA. Et, croyait-on, la discussion était close.

C'était avant que les militants nationalistes n'apprennent que Joy Donné n'est autre que le nouveau directeur de cabinet de Jan Jambon, ministre de l'Intérieur et numéro un de la N-VA au gouvernement fédéral.

L'information est relatée par Knack, ce mardi. "Que quelqu'un qui n'est pas membre de la N-VA soit promu aussi vite à ce poste a choqué plusieurs membres du parti", confiait ainsi au journal un parlementaire nationaliste. Qui poursuit: "Quelqu'un qui n'a pas de 'sensibilité' N-VA heurte plusieurs personnes à la base du parti".

Manque de femmes, "belgicanisation": la grogne en interne

Cette nouvelle polémique tombe assez mal pour le parti nationaliste, fait remarquer le journal flamand. Qui rappelle que Bart De Wever lui-même avait tenté de "lisser" les déclarations de ses collaborateurs, demandant à Jan Jambon par exemple de modérer ses propos - ses sorties sur les chômeurs ou sur les étrangers avaient déjà fait réagir.

Knack affirme aussi que, malgré l'"euphorie" du congrès de participation, des voix féminines s'étaient aussi fait entendre, critiquant le manque de femmes nommées aux postes ministériels en Flandre et au fédéral.

Les déclarations de Jan Jambon "menacent l'avenir de la N-VA"

Mais ce ne serait pas tout: la fronde couve aussi parmi les maîtres à penser de l'homme fort du parti. Ainsi, Bart Maddens, inspirateur du programme nationaliste, aurait critiqué Bart De Wever en des termes férocement ironiques: "Comme bourgmestre d'Anvers, il est à l'affût du moindre signe de radicalisation chez les jeunes musulmans. Comme président de la N-VA, il doit être aussi vigilant à propos des risques de 'belgicanisation' chez ses propres excellences. Mais peut-être souffre-t-il lui-même des premiers symptômes ...".

Et il n'y a pas que la presse francophone qui s'émeut des sorties médiatiques récentes. Jan Jambon "menace l'avenir de la N-VA", estime même un site pro-flamand, cité par Knack.

La "prise de responsabilités" de la N-VA au fédéral ne se fait manifestement pas sans mal...


W. F., avec Knack

 

 

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