La surmédicalisation des résidents des homes: relisez le chat de midi

Assiste-t-on à la médicalisation des maisons de retraite.
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Assiste-t-on à la médicalisation des maisons de retraite. - © SPENCER PLATT - BELGAIMAGE

En l'espace d'un an, deux études de sources différentes indiquaient une surconsommation anormale d’antidépresseurs dans certains homes pour personnes âgées. Des pensionnaires relativement alertes se retrouveraient rapidement en état de dépendance médicale. Cette situation est-elle anormale, est-ce le signe d’une altération lente de la santé due à l’âge, ou une dérive médicale qu’il faut contrôler? Et doit-on craindre pour l’intégrité des personnes âgées placées dans certains homes? Ces questions et les vôtres ont été posées jeudi à Vincent Frédéricq, Secrétaire général de Femarbel, la fédération des maisons de repos, dans le cadre de notre Chat de midi.

Selon la dernière étude que publient les Mutualités Libres, 90% des résidents de certains établissements prennent des antidépresseurs et 75% des antipsychotiques. L'Union Nationale des Mutualités Libres, constate que ces taux chutent à respectivement 29% et 5% dans d'autres institutions et se demande ce qui peut justifier cette différence de traitement. L'étude est basée sur les médicaments délivrés à près de 22 000 affiliés résidant en maison de repos.

Autre études, mêmes résultats

Voici exactement un an, les Mutualités socialistes avaient publié des chiffres qui, s’ils sont différents, n’en étaient pas moins alarmants. La mutuelle constatait qu’après l’entrée en maison de repos, la consommation d'antidépresseurs passe de 39 à 45% tandis que celle d'antipsychotiques augmente de 13 à 18%. L’analyse portait alors sur près de 7000 seniors de plus de 70 ans vivant en maison de repos. Elle concluait que l'entrée dans ce type d'établissement se traduit par des modifications importantes dans les traitements prescrits. Un quart des patients avaient commencé leur traitement avec antidépresseurs après leur entrée en maison de repos.

Voici un an, la Mutualité socialiste suggérait d'instaurer une évaluation des délivrances par les médecins coordinateurs des maisons de repos, dont il faudrait renforcer le rôle. Une idée à remettre sur la table? Nous en avons discuté ce midi.

Jean-Claude Verset

 
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