Le changement climatique va appauvrir les Belges

Les inondations de mi-juillet ont mis en évidence l’exposition de la Belgique aux risques du changement climatique. Humainement, le désastre est immense. Les pertes économiques ajoutent un effet qui sera aussi sensible pour la population. Et ce ne sont que les premières manifestations d’une dégradation prévisible. Le centre de réflexion Bruegel en a calculé l’impact.

Même avec une réduction drastique et immédiate des gaz à effet de serre, les effets catastrophiques du changement climatique se feront sentir dans les prochaines années. La Belgique n’est pas la plus exposée ou la moins bien préparée aux effets des inondations, de la sécheresse, de la destruction des écosystèmes. Mais elle n’y échappera pas. Les événements du mois dernier l’ont cruellement rappelé.

La richesse produite va chuter…

Chaque perturbation climatique extrême a un coût direct. Celui des inondations en Wallonie atteindra 2 milliards de dégâts pour les seuls riverains. Mais il faut encore y ajouter les pertes de production des entreprises, le ralentissement de l’économie. Stavros Zenios, professeur de finance et de gestion en a calculé l’impact. Si les températures n’augmentent pas plus que de 2 °C, en 2100, la croissance du PIB belge devrait chuter de 35% !

… et le coût de la dette va augmenter

Directement liée à la moindre production de richesse, la cotation du pays sur les marchés financiers va aussi baisser d’un cran. Pour la Belgique, cela devrait se matérialiser par une hausse de 3% du prix des emprunts sur les marchés financiers. Or, Covid et inondations ont fait grimper cette dette déjà considérable.

Faire face sera plus difficile

Selon la Cour des comptes, fin de cette année, la dette consolidée de la Région wallonne, par exemple, atteindra 31 milliards d’euros. Avec des recettes annuelles estimées à 13,8 milliards en 2021, on mesure la difficulté d’assainir. Aujourd’hui, les taux d’intérêt sont extrêmement bas. Mais on comprend que l’inévitable retour à la normale risque bien de mettre la Région aux soins intensifs. Le pouvoir fédéral avec une dette bien plus importante n’est pas mieux loti.

Scenario plancher

Ceci est un scenario tablant sur une élévation contrôlée des températures. Si la barre des 2 °C est franchie – ce qui est loin d’être exclu – les effets du basculement pourraient bien être autrement impressionnants, rappelle Stavros Zenios.

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JT du 09/08/2021

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