Le cdH Benoît Lutgen soupçonné de vouloir relancer la guerre scolaire

Illustration: une salle de classe
Illustration: une salle de classe - © Archive RTBF

Le président du cdH Benoît Lutgen demande qu'on corrige l'écart d'investissement entre les réseaux scolaires libre et officiel. Certains le soupçonnent de vouloir relancer la guerre scolaire.

Pour le cdH Benoît Lutgen, le réseau libre de l’enseignement est victime d’une discrimination par rapport au réseau officiel : il ne bénéficie que de 62% actuellement du financement prévu pour l’officiel. Ce n’est pas assez, selon lui : il demande qu’on atteigne 75%. 

Thierry Giet (PS) : s'il y a un accord, il faut le respecter

"S'il y a un accord, il faut le respecter", a réagi lundi sur Bel RTL le président du parti socialiste, Thierry Giet, évoquant l'accord de la Saint Boniface. Il estime cependant que c'est l'ensemble de l'enseignement qui doit être amélioré et pas uniquement un seul réseau.

"Il faut respecter l'accord mais c'est l'ensemble de l'enseignement qui doit disposer de moyens. La lutte contre l'échec scolaire doit être une priorité dans l'ensemble des réseaux et pour l'ensemble des enfants; pas seulement pour les enfants d'un seul réseau", selon Thierry Giet.

Pierre Galand (CAL): "retour des humanistes vers le PSC"

Interrogé par la RTBF, le président du Centre d’action laïque Pierre Galand se dit étonné des déclarations de Benoît Lutgen : la Belgique consacre beaucoup d’argent pour son enseignement avec une efficacité moindre que d’autre pays européens. Il faut poser une question fondamentale, selon lui : "quelle est la place de l’enfant dans nos sociétés ? Et c’est une responsabilité publique, de l’Etat. Pourquoi venir ergoter sur le financement disproportionné d’un réseau (le réseau public, le réseau de toutes et tous) par rapport à l’enseignement catholique, où les propriétés sont privées ? Aujourd’hui des questions se posent et il faut oser les affronter. Mais entrer dans le débat avec une revendication qui date de la guerre scolaire me paraît un retour des humanistes vers le PSC".

Il poursuit : "nous devons essayer d’être prospectif et de savoir comment, avec les moyens dont nous disposons, nous pouvons dépasser l’école qui était soit confessionnelle, soit publique. Et aller vers une école qui soit celle de tous les enfants, et qui permette de définir un projet commun. C’est la pluralité des réseaux qui empêche actuellement la réflexion en profondeur sur le projet futur pour l’école en Communauté française".

Ligue de l'enseignement: l'école a besoin de paix scolaire

La Ligue de l’enseignement et de l’education permanente souligne que "la vocation de l’enseignement catholique n’est pas de répondre aux besoins de la population en général, mais de répondre au choix des parents qui souhaitent que leurs enfants soient éduqués conformément aux valeurs chrétiennes. Il s’agit donc d’un enseignement privé. L’enseignement public a, au contraire, pour vocation de s’adresser à tous. Cette vocation est aussi pour l’enseignement public une obligation, et c’est ce qui justifie la différence de traitement".

Les revendications du cdH "risquent de relancer la guerre scolaire. En ces moments de pénurie financière et de rentrée scolaire, l’enseignement a plutôt besoin de paix scolaire et de soutien".

Jean-Marc Nollet (Ecolo) déplore des relents de guerre scolaire

La sortie du cdH réclamant la résorption de l'écart d'investissements publics entre les réseaux libre et officiel de l'enseignement et la réaction du président du PS exploitent des relents de guerre scolaire, déplore lundi l’Ecolo Jean-Marc Nollet, ministre francophone en charge des Bâtiments scolaires.

"C'est dommage qu'un enjeu aussi fondamental que la création de places dans les écoles soit à nouveau l'objet de tensions entre le cdH et le PS", releve Jean-Marc Nollet.

Dans la matière qui le concerne, le gouvernement a élaboré un plan de créations de places, qui permettra d'atteindre 8516 nouvelles places sur Bruxelles, au lieu des 5643 initialement prévues.

En capacités de travaux, le réseau libre peut bénéficier d'investissements à hauteur de 286 millions d'euros, et l'officiel de 233 millions, ajoute-t-il. Jean-Marc Nollet affirme que l'effort est totalement égalitaire en ce qui concerne le nombre de places.

Il relève toutefois des difficultés particulières dans certaines localités, pour certains pouvoirs organisateurs qui ne désirent pas s'investir.

"La problématique se résout, ce serait dommage d'exploiter ainsi un relent de guerre scolaire", conclut-il.

Quant à la question des subventions de fonctionnement, Jean-Marc Nollet dit vouloir laisser à la ministre de l'Enseignement obligatoire Marie-Dominique Simonet (cdH) le soin de répondre aux questions soulevées par son président de parti Benoît Lutgen.

RTBF avec Belga

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